Mandat de grève pour les cols blancs de Québec

Québec – Exaspérés par les sorties de Régis Labeaume sur leurs conditions de travail, les cols blancs de la ville de Québec ont voté mardi soir à 88 % pour la grève.


« C’est très significatif », a dit le président du syndicat Jean Gagnon. Les syndiqués, dit-il, se sont laissé convaincre par les « chiffres » qu’il a présentés sur l’impact des dernières propositions de Régis Labeaume. « On partait de salaires à 47 000 $ et on ajoutait de 6000 à 7000 $ de cotisations supplémentaires. J’ai juste expliqué aux gens que c’est là qu’on en est. »


Sur les 2000 quelques membres du syndicat, 908 se sont prévalus de leur vote. Réunis à 19 h, les travailleurs ont discuté pendant plus de 3 h 30 avant de prendre une décision.


À la sortie, rares sont ceux à avoir accepté de parler aux journalistes. Un employé du service à la clientèle a finalement accepté de dire au Devoir pourquoi il était satisfait des résultats. « Les gens en ont assez de la tyrannie de Labeaume », a-t-il dit avant d’évoquer ses dernières propositions de baisser les salaires de 6 % notamment.


Rappelons que le mandat de grève ne prendra effet que lorsque l’exécutif syndical en décidera, ce qui peut se produire théoriquement n’important quand.  Si cela s’avère, il faudra ensuite que la Commission des services essentiels prenne une décision sur les paramètres du conflit, ce qui peut prendre plusieurs jours.


Pour l’heure, la grève n’est donc qu’une possibilité et M. Gagnon répète qu’il préférerait l’éviter. « Assurément, on ne part pas en grève demain », a dit M. Gagnon. « Mais ça va faire taire le message disant que les gens ne sont pas derrière nous autres, qu’il (NDLR M. Labeaume) va aller se chercher un mandat fort. Nous autres aussi, ce soir, on a un mandat fort et c’est ça qu’il faut qu’il comprenne. », a-t-il expliqué après l’assemblée.


« On a dans notre valise un droit de grève qu’on va pouvoir exercer. On a un mandat de grève générale illimitée. Mais on n’est pas fous. On n’a pas l’intention de le faire, mais s’il le faut, on l’a. »
 

Jean Gagnon a par ailleurs reçu un vote de confiance et une ovation debout lors de l’assemblée syndicale de mercredi soir. M. Gagnon est à la tête du Syndicat des fonctionnaires de la ville de Québec depuis 2004.


Pour ce syndicat, c’était une première « historique » puisque jamais il n’avait voté de mandat de grève en raison d’un conflit avec la ville. Le dernier en date avait été adopté en réaction à une loi spéciale du gouvernement du Québec 

6 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 24 octobre 2013 10 h 26

    Garder ses privilèges, sans véritables compromis ??

    Il semble que nos employés à Québec ne veulent pas faire de véritables compromis et veulent garder leurs privilèges d'être payés 30% de plus que les fonctionnaires provinciaux et d'avoir le fond de pension le plus chrômé au Québec.

    Ils ne nous disent cependant pas pourquoi ils mériteraient tous ces privilèges , alors que la majorité des citoyens ont aucune sécurité d'emploi, et aucun fonds de pension...!!!

    Bonne chance à M.Labeaume dans sa défense des contribuables qui ne sont absolument pas d,accord de donner tous ces privilèges, mais ne sont jamais consultés. C'est pourquoi notre maire veut que cette élection soit une forme de consultation sur le sujet. Il a répété que ceux qui sont d'accord avec les privilèges des employés ne doivent pas votrer pour lui.

    Attendons maintenant la décision des citoyens le 3 novembre prochain..

    • simon villeneuve - Inscrit 24 octobre 2013 13 h 32

      Au lieu de "fesser" sur les travailleurs ( au moins ils travaillent, non?), M. Labeaume devrait essayer de creer des bonnes "jobs" pour les personnes demunis et sans travail !

      On devient riche en rendant nos pauvres productifs avec des bons emplois et non pas en rendant pauvre les gens qui sans sortent un peu mieux !

      M.Labeaume semble croire c'est plus payant d'investir (200 millions et d'emprunter un autre 200 millions dans les poches des contribuables du quebec) dans du beton au lieu d'investir dans des emplois .!
      J'ai bien hate de voir la ville de Quebec devenir riche avec l'arena...

      Svilleneuve

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 24 octobre 2013 14 h 18

      «Il semble que nos employés à Québec ne veulent pas faire de véritables compromis et veulent garder leurs privilèges d'être payés 30% de plus que les fonctionnaires provinciaux et d'avoir le fond de pension le plus chrômé au Québec. »

      Parlez-vous des Cols blancs ou des Cols bleus ? Parce qu'à Montréal à tout le moins, les cols blancs ont des salaires très très moyens (hormis une minorité avec des) ; très inférieurs aux Cols bleus. Quand on parle de Cols blancs, on parle de sauveteurs, de bibliothécaires, de réceptionnistes ; en règle générale, on parle de femmes.

      Je ne crois tout simplement pas que les cols blancs municipaux gagnent 30% de plus que les fonctionnaires provonciaux. À mon avis, vous confondez une statistique. C'est donc de votre ressort d'appuyer la lutte de cols blancs, surtout si vous êtes d'avis que les travailleuses méritent des salaires raisonnables.

    • André Michaud - Inscrit 24 octobre 2013 18 h 58

      En 1980 comme fonctionnaire provincial on a été coupé de 20% par M.René Levesque. J'en subis encore les conséquences sur le montant de ma pension..!!

      Commen M.Labeaume, M.Lévesque avait tenté de convaincre les syndicats qu'ils fallait faire leur part devant le déficit et la montée des taux d'intérêt...sans réussir. Les syndicats sont très corporatifs, et les membres aussi.

      J'avoue qu'à L'époque j'avais été révolté par la décision de M.Lévesque.
      Cependant je réalise aujourd'hui qu'un élu doit penser aux citoyens avant de penser aux employés, qu'il doit savoir gérer les deniers publiques dans le meilleur intérêt de la majorité.

      Il faudrait que les employés municipaux acceptent de payer au moins 50% des cotisations pour leur fond de pension, et travaillent une demi heure par jour de plus pour faire leur part. Leur salaire demeurerait quand même très bon et leurs conditions de travail au-dessus de la moyenne..

  • MIchel Plunus - Inscrit 24 octobre 2013 20 h 50

    Et le maire lui...

    Si les employés gagnent plus que la moyenne, tant mieux pour eux. Si la ville a, par le passé, accepté d'augmenter leur salaire plus que la moyenne, on ne peut arriver et dire: maintenant coupons les salaires.

    Un intervenant disait plus haut que les employés ont la sécurité d'emploi et des fonds de pension. Encore ici, ce sont des avantages négociés. On peut se demander si ceux-ci ont encore leur raison d'être ou non.

    En terminant, on parle beaucoup des travailleurs de la ville mais qu'en est-il du Maire et de ces amis... Lors de sa dernière élection, le maire s'est empressé d'augmenter le salaire de son chef de cabinet de 13 % à 153 799 et de 10 % celui de la directrice adjointe à 137 025 alors que le Maire lui-même gagne 152 600 soit le maximum permis par la loi. Va-t-il couper son salaire, cela reste à voir.

  • Martine Fortin - Inscrite 24 octobre 2013 21 h 30

    bébés gâtés

    Comment voulez vous que la population ait de la sympathie pour des privilégiés qui gagnent plus chez que leurs homologues provinciaux et fédéraux.
    On comprend rien, ils sont pas contents en plus.
    Pour préserver l'avenir, ils doivent, comme d'autres ont fait dans le passé, subir une diminution de salaire de 20% et payer au minimum 50% de leurs fonds de pension en or.
    Un manque de maturité et de compassion évident de la part de ces pauvres petits bébés.