Un recours collectif est de plus en plus probable

Dans son rapport, la coroner Catherine Rudel-Tessier concentre ses recommandations sur le ministère de la Santé et la Régie du Bâtiment.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Dans son rapport, la coroner Catherine Rudel-Tessier concentre ses recommandations sur le ministère de la Santé et la Régie du Bâtiment.
Les avocats des familles des victimes de la légionellose à Québec se donnent encore quelques semaines pour décider s’ils lancent un recours collectif. Mais déjà, les arguments « pour » semblent l’emporter sur les « contre ».

« Du côté des victimes, il y a peu de doute que cette crise n’aurait pas dû se produire et découle de l’imprudence et de la négligence d’un certain nombre d’organisations », a déclaré mercredi l’avocat Jean-Pierre Ménard.

Le juriste se donne un mois et demi pour prendre une décision. Il souligne que la cause est hautement « complexe » et qu’il lui reste quelques « fils à attacher ».

Des munitions dans le rapport du coroner

L’éclosion de légionellose dans la ville de Québec a rendu malades 182 personnes, et 14 en sont mortes à l’été 2012. Dans le rapport qui a été diffusé mardi, la coroner Catherine Rudel-Tessier recommande aux autorités de revoir leurs pratiques pour éviter qu’un tel scénario se reproduise à Québec ou dans d’autres villes.

« Le rapport du coroner ne fait rien pour ralentir le processus, a résumé M. Ménard. Pour nous, l’élément central, c’est que la Santé publique n’était pas prête en 2012. »

Dans son rapport, la coroner concentre toutefois ses recommandations sur le ministère de la Santé et la Régie du Bâtiment.

Me Ménard estime qu’elle aurait pu être « plus sévère » contre la Santé publique, mais il pense de toute façon intenter un recours sur la « responsabilité conjointe » des différentes organisations en cause. « Ce sera à elles ensuite de départager la responsabilité entre elles », a-t-il dit.

S’il est intenté, le recours portera vraisemblablement sur la lenteur des autorités à agir. Par ailleurs, M. Ménard a souligné qu’il ne pouvait pas l’axer sur l’inaction du gouvernement et de ses organismes. Comme l’a souligné la coroner, ces derniers n’ont pas réglementé sur les tours de refroidissement comme le recommandait un rapport de Santé publique dès la fin des années 1990.