Ville de Québec - Camionnage : Lemelin interpelle l’UPAC

Le maire Régis Labeaume reconnaît l’absence de concurrence à la Ville de Québec pour le camionnage de vrac.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Le maire Régis Labeaume reconnaît l’absence de concurrence à la Ville de Québec pour le camionnage de vrac.

Le chef de Démocratie Québec David Lemelin a demandé mardi à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de se pencher sur la « situation de favoritisme » dans le domaine du camionnage à la Ville de Québec.

 

« Il faut que l’UPAC se mette dans le dossier, que le DGE [Directeur général des élections] également y mette son nez. C’est très important », a déclaré le politicien qui fait campagne contre Régis Labeaume à la mairie.

 

Mardi matin, Le Soleil révélait qu’il n’y avait pas de concurrence à la Ville de Québec pour le camionnage de vrac parce que l’Association des camionneurs artisans (ANCAI) bénéficiait d’une clause préférentielle.

 

Quoique légale, cette pratique peu commune dérange l’autre groupe actif dans le domaine, le Regroupement des entrepreneurs et camionneurs indépendants (RECIQ). On apprenait par ailleurs qu’une centaine de membres de l’ANCAI avait contribué au financement d’Équipe Labeaume (21 000 $ en 2011 et 2012). Dans un courriel, une responsable de l’organisation les invitait à le faire parce qu’il en allait de leur « avenir ».

 

Labeaume choqué

 

L’affaire a fait bondir Régis Labeaume, qui y a vu une tentative d’intimidation de la part du RECIQ. « J’ai eu le goût de vomir en voyant la une du Soleil », a-t-il répété. Sur la démarche de David Lemelin auprès de l’UPAC, il s’en est moqué. « Il y a-tu encore quelqu’un qui le prend au sérieux ? » Et d’ajouter qu’il se « foutait » de Démocratie Québec « comme de l’an quarante ».

 

Par contre, le maire sortant et son entourage n’ont pas nié les faits. Ils expliquent que cette pratique remonte à longtemps, mais que contrairement à d’autres villes, Québec l’a maintenue. Outre l’avantage de fidéliser un regroupement pour les imprévus de déneigement, on dit préférer l’ANCAI parce qu’elle regroupe de petits camionneurs plutôt que de gros joueurs.

 

Régis Labeaume a même soutenu qu’en allant avec le RECIQ, la Ville augmenterait les risques de collusion. « Les camions artisans (l’ANCAI), c’est un tarif fixe, on se pose pas la question, tandis que si je laisse aller les 26 (du RECIQ), ils vont contrôler les prix. »

 

Joint en fin de journée, le président du RECIQ a éclaté de rire lorsqu’il a entendu le mot « collusion ». « Ils créent un monopole, a plaidé Denis Dumas. Le journaliste a juste dit comment ça se passait, puis nous autres, on est à préparer un recours collectif. »

 

Par ailleurs, concernant le financement de son parti, M. Labeaume dit qu’il ignorait que l’ANCAI faisait ses contributions. « Ils peuvent bien acheter 1000 cartes, ça changera rien », a-t-il dit.

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