Affrontement sur fond de confusion à Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le maire de Québec, Régis Labeaume

L’affrontement attendu entre le maire sortant Régis Labeaume et les syndicats a plutôt créé de la confusion mardi quant au sens à donner aux menaces des uns et aux répliques des autres.

 

Lundi, M. Labeaume avait annoncé que sa campagne prendrait vraiment son élan mardi. C’est alors qu’il comptait expliquer quelles offres il souhaitait faire aux employés de la Ville dans l’espoir de les voir plébiscitées par un vote massif des électeurs. Or la présentation s’est finalement révélée bien avare de détails.

 

Après avoir plaidé pour qu’on réduise l’écart entre les conditions de travail des employés municipaux et celles des fonctionnaires québécois (33 %), il a dû se taire. « Je devrai me restreindre si je ne veux pas me ramasser devant les tribunaux. »

 

Pourquoi ? Parce que la veille le Syndicat des fonctionnaires avait demandé à la conciliatrice du ministère du Travail de le ramener à l’ordre. Aux yeux du syndicat, le Code du travail lui interdit de « s’ingérer » comme il le fait dans la négociation pendant la campagne.

 

« Ils vont tout faire pour nous bâillonner, ils vont tout faire pour nous mettre en contradiction avec l’article 12 du Code du travail, a dénoncé M. Labeaume, scandalisé. Les lois du travail l’emportent sur l’exercice démocratique qu’est une élection municipale.»

 

Museler ou non

 

Au Devoir qui lui demandait s’il comptait ainsi réclamer un nouveau changement législatif au gouvernement du Québec, il a toutefois rétorqué que non.

 

Or qu’en est-il de ce bâillon ? Vérification faite, le maire sortant n’est pas aussi muselé qu’il l’a laissé entendre, du moins pour l’instant. La démarche effectuée auprès de la conciliatrice a apparemment été mal expliquée et mal comprise.

 

« Ce n’est pas du tout le rôle de la conciliatrice de se prononcer sur des choses comme ça, a expliqué le porte-parole du ministère du Travail Pierre Laberge. Ce n’est pas à elle de décider si le maire agit correctement. »

 

En fait, pour que le maire soit muselé, il faudrait qu’une plainte soit transmise à la Commission des relations de travail (CRT), qu’elle soit traitée et que cette dernière prononce une ordonnance. Pour l’heure, le syndicat des fonctionnaires n’a entrepris aucun recours de la sorte. La porte-parole du syndicat en question, Linda Bélanger, était par ailleurs injoignable mardi.

 

Campagnes parallèles

 

De son côté, l’opposition a cherché en vain à axer la campagne électorale sur d’autres enjeux que celui imposé par le maire sortant. Pour le chef de Démocratie Québec, David Lemelin, l’offensive de M. Labeaume contre les syndicats « est une gigantesque diversion ».

 

Démocratie Québec a donc tenté de replacer le dossier de la dette au centre du débat. « Le service de la dette coûte trois fois plus cher que les régimes de retraite, ont plaidé ses candidats devant un tableau. Régis Labeaume s’en va en élection pour créer une crise. »

 

Les candidats de Démocratie Québec n’ont toutefois pas voulu donner un exemple d’emprunts ou d’investissements superflus dans les infrastructures. Même chose sur leurs intentions quant aux taxes, dont on connaîtra la teneur plus tard dans la campagne, disent-ils.