Québec - La contamination au nickel s’étend

En avril 2013, le ministère de l’Environnement a déterminé que les concentrations de nickel inhabituellement élevées provenaient du port de Québec.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir En avril 2013, le ministère de l’Environnement a déterminé que les concentrations de nickel inhabituellement élevées provenaient du port de Québec.

Québec — Le problème de pollution atmosphérique par les métaux lourds ne s’arrête pas au quartier Limoilou à Québec. Des concentrations élevées de nickel ont été mesurées jusque dans le secteur de Vanier, à plus de 5,6 kilomètres du port de Québec.

 

« Si on en a aussi loin que ça avec la même signature, ça veut dire qu’il y en a énormément dans l’air », avance Véronique Lalande, de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec.

 

Mme Lalande et son conjoint, Louis Duchesne - lui-même chercheur -, ont tiré cette conclusion après avoir analysé des données récentes du ministère du Développement durable sur la qualité de l’air pour la période d’avril 2012 à mai dernier.

 

Les capteurs du ministère dans Vanier montrent que les concentrations de nickel s’élèvent à 7,6 ng/m3. C’est trois fois moins qu’à Limoilou (21 ng/m3) et inférieur à la norme de la Loi québécoise sur la qualité de l’environnement (12 ng/m3).

 

Toutefois, c’est presque quatre fois plus que le seuil de risque cancérogène utilisé par la Direction de la santé publique (2 ng/m3). Mme Lalande ajoute que la moyenne canadienne pour la présence de nickel dans l’air est de 0,9 ng. « Les concentrations observées dans le quartier Vanier sont, en moyenne, cinq fois plus importantes qu’à Montréal et dix fois plus importantes qu’à Toronto. »

 

Selon elle, il faudrait analyser la qualité de l’air dans un rayon de plusieurs kilomètres autour du port. En reprenant la distance qui le sépare de Vanier, cela englobe des zones de Beauport, l’île d’Orléans, les berges du fleuve à Lévis et une bonne partie du centre-ville de Québec.

 

Dans son rapport de 2013 sur le nickel, la Direction régionale de la santé publique notait que le risque de cancers dans Limoilou causés par le nickel était « relativement faible ». Or elle soulignait qu’il était quand même « nécessaire de réduire au maximum » ses émissions dans l’air.

 

Il semble par ailleurs que les concentrations des particules fines de ce métal aient baissé à partir d’avril 2012 dans Limoilou. Pour la période d’avril 2010 à mars 2012, elles s’élevaient à 52 ng/m3. Or les dernières données traitées par le couple Lalande-Duchesne font état de concentrations de 21 ng/m3.

 

D’autres contaminants?

 

Rappelons que ce sont eux qui, les premiers, ont sonné l’alarme l’an dernier sur la pollution en provenance du port. En avril 2013, le ministère de l’Environnement leur donnait raison en établissant clairement que ses concentrations de métaux lourds ne pouvaient que provenir du port de Québec et des activités de transbordement de vrac de l’entreprise Arrimage du St-Laurent.

 

Or, pour Mme Lalande, la question du nickel n’est que la pointe de l’iceberg. « On suit le nickel parce que son caractère nocif a fait l’objet d’une forte documentation et qu’il a une signature chimique facile à suivre. Mais je suis convaincue que les poussières de cuivre, de fer et d’autres minéraux qu’on trouve proviennent aussi du port. La différence avec le nickel, c’est qu’on est capable de tracer son origine hors de tout doute. »

8 commentaires
  • Roger Lapointe - Abonné 27 septembre 2013 06 h 51

    On ne récolte que les mauvaises choses.

    Ce nickel qui transite par le port de Québec doit surement provenir de la mine RAGLAN dans le nord du Qc qui est ensuite expédié sur SUDBURY Ontario (par train?)pour y être traité avant sa réexpédition pour la NORVÈGE pour transformation en produit fini et tout ça à notre barbe...on en récolte au fond que les mauvaises choses.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 27 septembre 2013 07 h 49

      Pourtant, c'est le genre de scénario qui ne nous ressemble tellement pas... Vous vous trompez, c'est sûr...

    • Patrick Lépine - Inscrit 27 septembre 2013 13 h 10

      J'opterais plus pour les produits de recyclage de AIM et autres ferrailleurs qui font commerce des métaux...

      Je pense qu'il s'agit de ferraille déchiquetée ou quelque chose du genre.

      On pourrait peut-être faire des opérations de refonte et laminage ici même au lieu d'exporter notre fer recyclé, mais ça cause d'autres types de problèmes. Est-ce que les coûts d'énergie seraient acceptables? Est-ce que nos parcs industriels seraient prêts à les accueillir? Est-ce que notre ministère de l'environnement peut encourager ce genre d'entreprise?

      Ce qui est dommage, c'est que le commerce conçoit toujours les choses trop grandement, et qu'ensuite la fermeture même de ces entreprises hors normes cause problème.

      Il y avait Glaverbec par exemple à St-Augustin, il a fallut se résoudre à éteindre les fours...

      Vivement des industries à échelle humaine...

  • Serge Lemay - Inscrit 27 septembre 2013 07 h 53

    Pour que Québec ait meilleur mine

    Moi qui croyait que Limoilou faisait parti de la ville de Québec depuis les fusions... À moins que l'air nickel donne bonne mine !

  • Lise Bourbeau - Abonnée 27 septembre 2013 08 h 38

    Et le Port de Québec continue son développement

    On a tendance à oublier cette pollution de l'air par les métaux parce qu'on ne la voit pas (pour ceux qui ne souffrent pas d'asthme, d'eczema, d'allergies, etc.) alors que le Port continue son développement sans aucune évaluation environnementale externe. Ajoutons à la pollution atmosphérique les pollutions visuelle et auditive, particulièrement insoutenables dans le secteur de l'Anse au Foulon, alors qu'un autre énorme projet commence à y prendre forme. Quand nos élus municipaux vont-ils se réveiller et penser à protéger les citoyens au lieu des intérêts privés?

    Lise Bourbeau

    • André Michaud - Inscrit 27 septembre 2013 10 h 00

      Que se passe t'il dans les autres ports d'Europe ou des USA où la population est plus nombreuse?

      Il n'est évidemment pas question de fermer tous les ports ce qui serait économiquement catastrophique pour une région.

      On ne peut transférer tout ce transport par train ou par camion sur nos routes.

      Et on ne peut vivvre sans les produits miniers qui sont à la base de 90% des objets utilisés dans nos vies.

  • Léonce Naud - Abonné 27 septembre 2013 12 h 52

    Retombées économiques des activités portuaires

    Fréquemment invoquées, les retombées économiques des activités portuaires gagnent à être examinées de près :
    http://www.vigilanceportdequebec.com/wp-content/up

  • Josette Allard - Inscrite 27 septembre 2013 17 h 08

    Pollution

    Quelle action entreprend le maire Labeaume pour protéger ses citoyens? Il devrait étiré questionné à ce sujet durant la présente campagne électorale.