Ville de Québec - Tramway: Labeaume prend ses distances

Régis Labeaume avance que le tramway «n'est qu'un moyen parmi tant d'autres» pour améliorer la mobilité à Québec.
Photo: - Le Devoir Régis Labeaume avance que le tramway «n'est qu'un moyen parmi tant d'autres» pour améliorer la mobilité à Québec.
​Québec — Le maire de Québec, Régis Labeaume, n’est plus convaincu à 100 % que le tramway est la solution aux problèmes de mobilité à Québec. Selon lui, c’est un « moyen parmi d’autres ».

C’est ce qu’il a expliqué lors d’une allocution lundi midi devant l’Association québécoise des transports (AQTR). Son titre « Le tramway, oui mais… » laissait présager un changement de ton.

Trois ans plus tôt, devant la même association, il avait défendu avec passion un plan de mobilité durable qui plaçait le tramway au centre d’une véritable révolution des transports visant à freiner le développement urbain.

Or lundi, il a expliqué que le tramway devait répondre à certaines conditions pour se réaliser. « Nous voulons des garanties sur le fait que le gouvernement du Québec […] assumera à 100 % le coût du tramway, comme il l’a fait dans le passé pour le métro de Montréal et de Laval, et pour les trains de banlieue. »

Contrairement aux élus montréalais, M. Labeaume s’est toujours farouchement opposé à ce qu’on finance le transport en commun avec une taxe supplémentaire sur l’essence. Dans son discours, il a répété que l’essence n’était « pas un produit de luxe ». Et d’ajouter ceci : « La finalité du Plan de mobilité durable, c’est la mobilité. Le tramway n’est qu’un moyen parmi d’autres pour y arriver. »

Étonnement

Au cabinet du ministre Sylvain Gaudreault, on s’étonnait de ce changement de ton. « Ça nous surprend un peu. Je pense que la première fois que le maire Labeaume a rencontré le ministre au début de son mandat, il a été question du tramway », a commenté son attaché de presse Yann Langlais-Plante.

Pour ce qui est du financement, il a soutenu que, « dans un contexte où les finances publiques sont extrêmement difficiles, c’est sûr que c’est un dossier qui est complexe ».

Or, ajoute-t-il, le gouvernement attend de toute façon les résultats de l’étude de faisabilité sur le projet de tramway attendus pour l’automne 2014. Dans son discours, le maire Labeaume avait d’ailleurs évoqué cette échéance en disant qu’on disposerait alors de l’information pour s’assurer que « le tramway est bel et bien LE moyen qui permettra de répondre » aux objectifs de la Ville.

1,5 milliard

Évalué à 1,5 milliard de dollars, ce projet est défendu par le maire depuis 2010. Il s’agissait alors d’un revirement puisqu’il y avait été farouchement opposé dans le passé.

Pour le président du Conseil régional de l’environnement Alexandre Turgeon, ses récents propos constituent un recul majeur. « C’est quoi, ce revirement-là ? C’est le plus gros pas en arrière que j’ai entendu du maire depuis qu’il s’est “commis” en faveur du tramway », a-t-il déclaré, stupéfait.

Invité à expliquer les raisons de ce changement, M. Turgeon n’a pas mâché ses mots. « Parce qu’on est à deux mois des élections ? Pour faire plaisir à deux radios poubelles ? Je ne sais pas de quoi il a peur, il est à 80 % d’appuis dans les sondages. »

Du côté du parti d’opposition, on imputait aussi ce revirement à la campagne. « Il redevient ce que j’ai appelé en 2009 le maire “caméléon”. Il essaie de faire plaisir à tout le monde et personne », a fait valoir le candidat de Démocratie-Québec, Paul Shoiry.

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