Ville de Québec - Les villes ont besoin de vrais partis, plaide l’ancien maire L’Allier

Jean-Paul L’Allier a été maire de la Ville de Québec de 1989 à 2005.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Jean-Paul L’Allier a été maire de la Ville de Québec de 1989 à 2005.

Québec — À la lumière de la commission Charbonneau, l’ancien maire de Québec Jean-Paul L’Allier est convaincu plus que jamais de l’importance de constituer des partis politiques dignes de ce nom dans le monde municipal.

 

S’il ne s’est rien passé de « croche » sous son règne dit-il, c’est notamment à cause de son parti politique. « Vous avez 1500, 2000 personnes qui suivent quasiment quotidiennement ce que vous faites, parce que vous le faites en leur nom. C’est une protection », dit-il.

 

Selon lui, l’exercice de la démocratie est « fragilisé » en l’absence de parti politique. « C’est important d’avoir un parti politique qui fait autre chose que d’organiser des élections. »

 

En 1989, M. L’Allier avait été élu sous la bannière du Rassemblement populaire (RP), lequel s’est transformé après la fusion en Renouveau municipal de Québec (RMQ).

 

Interrogé sur des cas comme Équipe Labeaume ou - dans un autre registre - le Pro de Laval, M. L’Allier souligne qu’ils reproduisent le modèle du Parti civique (de Jean Drapeau à Montréal) et le Progrès civique (de Jean Pelletier à Québec). « C’est pas des partis qui sont réunis pour travailler sur des idées, alors que le parti de Jean Doré [Rassemblement des citoyens de Montréal], c’était ça. »

 

Des révélations des derniers jours sur Québec, M. L’Allier note qu’ils ne mettent pas en cause la ville elle-même. « Ce n’est pas vrai que Québec est dans la tourmente. Les bureaux d’ingénieurs, oui, dit-il.

 

Quand il y a collusion entre deux pétrolières pour fixer les prix, les consommateurs et le club automobile ne sont pas dans le coup. » Il ajoute qu’il ne faut pas juste parler « des pourris ». « Je pense qu’on a fait une belle job honnête comme politiciens. Régis [Labeaume], la même chose. »

 

Pas de «retours d’ascenseur» en 2002

 

M. L’Allier a par ailleurs répondu à des questions sur un texte du Soleil faisant état de « retours d’ascenseurs » des élus envers les firmes d’ingénieurs aux lendemains de la fusion. Signée par François Bourque, la chronique parlait d’un « last call » avant l’entrée en vigueur de la loi 106. « On n’avait pas d’ascenseur à retourner », a répondu l’ancien maire. « Mais moi, je parle pour l’ancienne ville de Québec. Est-ce qu’il y avait des retours d’ascenseurs dans les villes fusionnées ? Ça, je ne le sais pas. […] Nous, on n’a jamais donné de contrats politiques. »

1 commentaire
  • Claude Bélanger - Abonné 5 septembre 2013 07 h 34

    Le nom du parti

    C'est une erreur stratégique de donner le nom d'un politicien à un parti car, si jamais le parti est éclaboussé par un scandale, le nom du politicien s'y trouve lié de façon automatique, même si celui-ci n'a rien à se reprocher.