Québec - Les tensions sociales s’amenuisent dans Saint-Roch qui se gentrifie

Un projet de terrasse devant l’hôtel Pur avait suscité la grogne à la fin de 2012, mais le projet n’a pas vu le jour jusqu’à maintenant.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Un projet de terrasse devant l’hôtel Pur avait suscité la grogne à la fin de 2012, mais le projet n’a pas vu le jour jusqu’à maintenant.

Québec — Les tensions liées à la « gentrification » sont en baisse dans le quartier Saint-Roch. Du milieu communautaire aux services de police, l’heure est au dialogue et à l’optimisme.

 

« Les choses se sont grandement améliorées », affirme le directeur de l’Auberivière, Éric Boulay. Outre son centre d’hébergement, l’Auberivière gère un centre dans le sous-sol de l’église Saint-Roch où tous peuvent se mettre à l’abri et socialiser quand il fait mauvais.

 

« L’année passée, les policiers nous ont dit qu’il y avait eu zéro plainte des commerçants, et cette année, j’ai encore plus senti qu’il y avait de la cohabitation. »

 

Du côté du Service de police, on refuse de fournir des statistiques sur le nombre de plaintes et de constats d’infraction délivrés. Mais, selon la capitaine Suzanne Drolet, le dialogue avec le milieu communautaire commence à porter ses fruits.

 

« S’il n’y a pas d’infractions de commises et que la paix sociale est assurée par un autre moyen que l’intervention policière, on ne peut que s’en réjouir », dit-elle.

 

Table de concertation

 

Ce dialogue prend la forme d’une Table de concertation où siègent à peu près tous les groupes intéressés par le développement du quartier. Cette table a été créée à la suite de la consultation sur le Programme particulier d’urbanisme et une pléthore de comités la complète.

 

Le milieu communautaire a aussi beaucoup travaillé à organiser des activités positives autour du parvis de l’église. C’est le cas de l’événement « Parvis en Fête », qui doit avoir lieu ce samedi. Le programme, qui démarre à 11 h 30, comprend de la danse en ligne, un spectacle de percussions, la traditionnelle bénédiction des chiens à l’église et un souper communautaire. L’hiver dernier, on y a aussi organisé une partie de hockey amicale, et les mardis midi, on y tient des jams pour les gratteux de guitare.

 

L’objectif avoué de ces événements est de rendre les lieux urbains agréables et vivants tout en transcendant les catégories sociales. Comme l’explique Éric Boulay, les tensions dans Saint-Roch ne sont pas tant liées à un problème de pauvreté qu’à celui de l’exclusion sociale.

 

M. Boulay, comme Mme Drolet, disent en outre beaucoup de bien de l’embauche d’un agent de mixité dont le rôle est de servir d’intermédiaire entre les commerçants, le milieu communautaire et les marginaux et habitués qui passent du temps dans les lieux publics comme le parvis. « Moi je le vois comme un extincteur de fumée. L’extincteur, quand t’en as pas, t’as peur que le feu pogne. Puis quand t’en as un, on dirait que le feu pogne jamais. »

2 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 16 août 2013 05 h 52

    Un jour Saint-Roch-sur-Fleuve ?

    La gentrification du quartier Saint-Roch rendra plus difficile pour les édiles locaux de maintenir 'in petto' que le fleuve doit demeurer inaccessible à la population du centre-ville, compte tenu de son niveau social perçu comme une tare irrémédiable qu'il convient de cacher pudiquement.

    Ici le projet citoyen d'ouvrir enfin l'accès au fleuve dans la Capitale pour tout le monde sans distinction de fortune ou de niveau social:
    http://www.gensdebaignade.org/documents/Lettre_por

  • Jean Martinez - Inscrit 16 août 2013 20 h 42

    Intelligence collective

    Il est agréable de voir tout un quartier agir en concertation et intelligemment pour le bien de tous. Félicitations! Et que cet exemple serve à d'autres quartiers qui vivent une problématique de mixité sociale