À Maka Kotto de trancher

Québec — Les citoyens qui défendent les grands domaines de Sillery demandent au ministre de la Culture Maka Kotto de ne pas retenir les propositions du maire de Québec, Régis Labeaume. À leur avis, ce dernier est encore trop généreux envers les promoteurs.

« Il faut que [le ministre] ait une position claire », réclamait jeudi le porte-parole de la Coalition pour l’arrondissement historique de Sillery, Charles-Robert Dionne. « Il peut refuser », a martelé pour sa part le spécialiste en patrimoine Marcel Junius.

Maka Kotto a reçu à la fin mai le rapport de la consultation publique qu’il a lancée sur la protection du site patrimonial de Sillery. Sa décision est attendue d’ici la fin du mois.

 

Une solution rejetée

La Coalition qui milite depuis des mois dans ce dossier estime qu’il faut réduire le développement immobilier « au minimum » dans ce secteur. À ses yeux, la solution proposée la semaine dernière par le maire Labeaume ne convient pas. Et ce, même s’il a dit s’être fortement inspiré des doléances des citoyens.

La Ville propose de développer 8 % des terrains et suggère qu’on préserve ceux qui se trouvent près de la falaise pour en faire un lieu public. Or, pour le groupe de citoyens, ce n’est pas suffisant. « La Ville change quatre trente sous pour une piastre, lance M. Dionne. Elle enlève les terrains qu’on devait avoir à Jésus-Marie [un collège qui a vendu des terres à des promoteurs]. Mais elle va permettre à des promoteurs de développer juste à côté. »

Quant à Johanne Elsener, de la Coalition Héritage Québec, elle met en doute les calculs de la Ville pour mesurer la superficie protégée et parle d’une « comptabilité créative ». Elle avance qu’en excluant les superficies qu’on ne peut pas développer de toute façon, les terrains protégés ne comptent que pour 35 % du territoire disponible.

Lors d’une conférence de presse dans un sous-sol d’église, plusieurs citoyens ont comparé la protection nécessaire à Sillery au cas des plaines d’Abraham. « Tous les 10 ans, on a un débat parce qu’il y a des promoteurs qui veulent faire quelque chose », déplorait Christiane Trudel, du conseil de quartier. « Est-ce qu’un promoteur se pose la question s’il peut construire un condo sur les plaines d’Abraham ? Non. »

Ces citoyens soulignent que le site de Sillery doit servir d’exemple puisque c’est le premier des 12 sites patrimoniaux d’intérêt du Québec à faire l’objet d’un plan de conservation et d’une consultation publique. D’autres, comme le Mont-Royal, Percé et le Vieux-Trois-Rivières, doivent suivre au cours des prochaines années.

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