Nickel à Québec: Arrimage refuse toujours de porter le blâme

Québec — Arrimage du St-Laurent a dévoilé vendredi son plan d’action pour limiter au maximum les émanations de poussière en provenance de ses installations. Mais le transbordeur de minerai refuse toujours de porter le blâme pour les concentrations élevées de nickel mesurées à Limoilou.

Le directeur d’Arrimage, Jean-François Dupuis, maintient qu’il n’a toujours pas vu de « concordance » entre les arrivages de nickel à Québec et les concentrations de nickel mesurées tout près. Et ce, malgré le fait que le ministère du Développement durable a récemment identifié ses installations comme source du problème dans une étude.


Néanmoins, M. Dupuis martèle qu’il fait tout en son possible pour faire d’Arrimage Saint-Laurent un modèle de développement durable. « Nous, on a à coeur la qualité de vie des gens dans le secteur et on n’attend pas que tout ça soit démontré, peu importe, en cour, pour prendre des mesures. On veut s’assurer d’être des citoyens irréprochables », a-t-il dit devant les médias vendredi après-midi.


Recours collectif


L’entreprise fait actuellement face à une menace de recours collectif en provenance des résidants du quartier voisin. La demande de recours a été déposée en janvier par Véronique Lalande, du groupe Vigilance Port de Québec.


Dans un avis d’infraction en avril, le ministère avait sommé Arrimage de se doter d’un plan pour régler le problème du nickel. Ce plan, qui devait être soumis jeudi, avait entre autres exigences l’établissement « d’un système de transbordement étanche ».


Or, le plan n’est pas en mesure de garantir l’étanchéité et on mise toujours sur l’eau pour empêcher la poussière de se répandre dans l’air. Un consultant de Genivar employé par l’entreprise a défendu cette stratégie vendredi. « Quand c’est humidifié, il y a beaucoup moins de transport possible par le vent », a soutenu Marcel Ricard.


Arrimage du St-Laurent promet aussi de tout surveiller avec des capteurs de poussière. Selon Véronique Lalande, reste toutefois à savoir dans quelle mesure le ministère du Développement durable aura accès à ces données. Vendredi, M. Dupuis a dit qu’il y aurait du « partage d’information ».


Par ailleurs, Mme Lalande n’est pas convaincue que les choses vont vraiment changer chez Arrimage du St-Laurent. « Ils sont un peu comme un alcoolique. Ces gens-là ne reconnaissent pas encore qu’ils sont la source du problème et ils veulent que je leur fasse pleinement confiance. […] Nous, dans notre quartier, on va être heureux quand on va arrêter de nous faire tomber ça sur la tête. »