La Santé publique de Québec sur la sellette

Québec — Critiquée pour son travail lors de l’éclosion de légionellose l’été dernier, la Direction de la santé publique de Québec (DSP) plaide au contraire qu’elle a fait plus que ce qui était attendu d’elle.

« Ils ont fait plus dans les circonstances que de respecter les protocoles, a expliqué mardi leur avocat, Pierre Larrivée. Ils ont été au devant des coups, ils sont même allés jusqu’à nettoyer les tours [de refroidissement] alors que ce n’est pas leur responsabilité première. »


Me Larrivée a tenu ces propos à la sortie de la première journée de l’enquête publique sur l’éclosion de l’été dernier qui a fait 13 morts et 182 malades.


Pendant son interrogatoire, le directeur de la Direction régionale de la santé publique, François Desbiens, a affirmé que c’était la désinfection des tours le 21 août qui avait eu raison de l’éclosion. Cette initiative, a-t-il ajouté, a été prise alors que la DSP n’avait pas encore identifié la source et en dépit du fait que son guide d’intervention sur la légionellose ne lui donnait pas ce rôle.


Une autre médecin de la DSP, Caroline Huot, a souligné que ce guide donne « peu » d’informations « sur la prise en charge de l’éclosion ». « Une demi-page sur 64 », a-t-elle souligné. Quant à sa collègue Isabelle Goupil-Sormany, elle a répété qu’ils n’étaient pas « des docteurs de tours ».


Or ce n’est pas seulement pour son travail sur les tours de refroidissement que la Santé publique est critiquée. Solange Allen, dont le mari fait partie des défunts, reproche à la DSP de ne pas l’avoir informée assez tôt des risques.


Quand elle a emmené son mari à l’hôpital le 17 août, elle n’avait jamais entendu parler de la maladie. Or la DSP savait depuis le 26 juillet qu’il y avait une éclosion. « La Santé publique, il ne faut pas qu’ils s’en sortent comme ça », dit-elle. Elle ajoute que, dans ce dossier comme dans celui du nickel à Limoilou, l’organisation donne l’impression d’attendre que des citoyens se plaignent avant d’agir.


Mardi, l’équipe de la DSP a dit avoir diffusé un communiqué de presse dès le 31 juillet en plus d’accorder des entrevues dans les médias. Or Mme Allen n’en a rien su. Elle martèle que la DSP aurait dû distribuer des dépliants dans les résidences du quartier Saint-Roch puisque les cas étaient tous concentrés dans ce secteur. « Nous, on était en vacances, puis on n’écoute pas la télévision. Puis moi, je ne suis pas toujours sur l’ordi… »


Mercredi matin, ce sera au tour de l’avocat de Mme Allen et des autres familles des victimes d’interroger les dirigeants de la Santé publique. La coroner Catherine Rudel-Tessier entendra ensuite les représentants de la Ville de Québec, de la Régie du bâtiment et de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui est propriétaire de la tour de refroidissement à l’origine de l’éclosion.

1 commentaire
  • Marc Nolin - Abonné 1 mai 2013 11 h 53

    Ce qui n'a pas été appliqué par le directeur de santé publique

    Les DSP du Québec se sont donné au début des années 2000 un cadre de référence en gestion des risques :

    https://dl.dropboxusercontent.com/u/67165938/CadreReferenceGestionRisques.pdf

    Il semble que le DSP de la région de la Capitale nationale ne l'ait pas consulté, au grand dam des citoyens concernée...

    À lire, donc, les 7 principes, dont celui sur la participation citoyenne.

    Marc Nolin
    Trois-Rivières