Québec - Mystère autour du nickel de Limoilou

Pour l’instant, les autorités en santé publique ont peu d’explications à fournir sur les fortes concentrations de nickel trouvées dans l’air du quartier Limoilou à Québec. La Direction régionale de la santé publique (DSP) promet un « avis » pour le mois d’avril qui indiquera si et dans quelle mesure ces poussières sont nocives.

Mais d’ici là, les personnes inquiètes devront prendre leur mal en patience. Toute conclusion serait « prématurée », a fait valoir mardi un porte-parole de la DSP et de l’Agence de la santé.


La qualité de l’air commence à susciter des inquiétudes sérieuses dans ce vieux quartier de la ville situé à l’ouest du port, de l’incinérateur, de l’autoroute et de diverses industries. Tout a commencé à l’automne quand une résidante, Dominique Lalande, a découvert sur son balcon d’impressionnantes quantités de poussière rouge, de l’oxyde de fer en provenance du port.


Puis, cette semaine, Le Soleil a révélé qu’on avait trouvé dans le secteur des concentrations de nickel de 5,7 fois supérieures à la norme entre 2010 et 2012. Les données provenaient du ministère du Développement durable.


Apeurée, une citoyenne s’est présentée au conseil municipal lundi soir pour raconter qu’elle perdait ses cheveux depuis son déménagement dans le quartier. Furieux, le maire Régis Labeaume a répété qu’il fallait faire attention de ne pas ternir l’image de Limoilou.

 

Des nuances rassurantes


Au ministère, on ajoutait mardi quelques bémols. Selon le directeur du contrôle environnemental, Jean-Marc Lachance, les particules de nickel qui risquent le plus de nuire à la santé (les plus fines) ont des concentrations en dessous de la norme. Ce sont les plus grosses dont la présence est anormale.


Cela n’empêche pas le ministère d’être préoccupé. M. Lachance souligne qu’il s’agit d’un phénomène « nouveau » et que son équipe n’est au courant du problème que depuis la fin de l’année. De plus, on ne connaît pas pour l’heure de précédents ailleurs au Québec.


Or certains s’interrogent sur le rôle du ministère. « Sans l’épisode de la poussière rouge et sans l’intervention des médias et d’une citoyenne avertie, le public aurait-il été informé de ces concentrations à forte teneur en nickel ? », a demandé mardi le chef du parti municipal Québec Autrement, David Lemelin.


Sinon, à défaut d’un autre suspect, beaucoup montrent du doigt le Port de Québec. Or ni la DSP ni le ministère ne sont prêts à le citer comme responsable. Le Port de Québec reçoit du nickel par bateau en provenance du nord du Québec. Selon la compagnie qui transfère le minerai, Arrimage du Saint-Laurent, le transbordement ne se fait jamais à l’air libre.


Arrimage est à l’origine de l’épisode de poussière rouge de l’automne, mais son porte-parole assure qu’il n’y a pas eu de fuite ou de pépin technique du même genre avec le nickel.

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