L’ancienne maison Lépine-Cloutier change de vocation

La maison construite en 1821 n’est pas classée comme bien culturel et pourrait donc être détruite si son propriétaire le souhaitait.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La maison construite en 1821 n’est pas classée comme bien culturel et pourrait donc être détruite si son propriétaire le souhaitait.

Québec — La vieille maison funéraire de Lépine-Cloutier, dans Saint-Roch, à Québec, a été vendue en décembre au groupe Athos. Y construira-t-on des condos, un hôtel ? Chose certaine, le nouveau propriétaire veut passer à autre chose.


« On va changer la vocation. […] On est en train de regarder pour le redévelopper autrement », a déclaré l’ancien patron de Lépine-Cloutier à Québec, Yvan Rodrigue.


Le 20 décembre, Urgel Bourgie et Lépine-Cloutier ont été rachetés par le groupe québécois Athos Services commémoratifs dans le cadre d’une transaction de plusieurs dizaines de millions de dollars. La vieille maison, qui était à vendre, va donc suivre.


Située dans la rue Saint-Vallier Est, entre Méduse et l’îlot Fleurie, la bâtisse a été construite en 1821. C’est l’un des rares bâtiments de cette époque à avoir survécu aux incendies qui ont décimé le quartier durant le XIXe siècle. Toutefois, il n’est pas classé comme bien culturel et pourrait donc être détruit si son propriétaire le souhaitait.


Pour l’historien Luc Nicole-Labrie, il faudrait au moins s’assurer qu’il ne tombe pas dans l’oubli. « Ce serait à tout le moins important qu’on le souligne, dit-il. C’est un bâtiment important. »


C’est à cet endroit, en 1845, que Germain Lépine a créé sa fabrique de cercueils, la première du genre à faire son apparition à Québec. Le lieu a toujours fasciné. Robert Lepage y fait notamment référence dans sa pièce phare La trilogie des dragons et toutes sortes d’histoires ont circulé sur cette maison.


M. Nicole-Labrie raconte que, lors du grand incendie de l’été 1845, le feu « avait ravagé presque tout le quartier Saint-Roch » pour « s’arrêter pratiquement à la porte de la bâtisse ». « Il y a des gens en ville qui voyaient ça comme un signe de la providence. »


Le nouveau propriétaire, Athos, s’est fait remarquer, il y a quelques années, en achetant les terrains de l’ancienne prison des femmes dans le secteur de Sillery. Il avait par la suite converti les vestiges de la prison en lieu funéraire et construit des condominiums sur une partie du terrain.


Mercredi, Yvan Rodrigue n’a pas voulu dire si le nouveau groupe voulait y construire des condominiums. Il soutient que tous les scénarios sont ouverts sauf celui d’un complexe funéraire.


Son entreprise avait d’ailleurs quitté les lieux dès 2010 pour installer ses bureaux dans le secteur de Neufchâtel. Il ne se passe donc plus grand-chose dans la vieille maison depuis deux ans. Même les vieux corbillards ont quitté les lieux.

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