Ville de Québec - Taxes commerciales: le maire Régis Labeaume est forcé de reculer

Après avoir martelé la semaine dernière qu’il ne pouvait rien faire et n’avait pas de contrôle sur l’évaluation foncière, Régis Labeaume a annoncé qu’il avait trouvé une façon de réduire le fardeau des plus taxés des propriétaires commerciaux.
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Après avoir martelé la semaine dernière qu’il ne pouvait rien faire et n’avait pas de contrôle sur l’évaluation foncière, Régis Labeaume a annoncé qu’il avait trouvé une façon de réduire le fardeau des plus taxés des propriétaires commerciaux.

Québec — Confronté à la grogne des petits entrepreneurs de Québec, le maire Régis Labeaume a décidé de réviser l’ensemble des 5300 comptes de taxes du secteur commercial.


Lundi après-midi, le maire a annoncé que, d’ici à la fin mars, les propriétaires commerciaux recevraient un nouveau compte de taxes. « J’ai passé des journées difficiles depuis une semaine. J’ai trouvé ça extrêmement compliqué ce dossier-là, a-t-il dit. Les gens sont en colère, et ils ont raison. »


Depuis le début de l’année, de nombreux propriétaires d’entreprises de Québec se sont mobilisés pour dénoncer les hausses de taxes de 2,9 % et l’augmentation élevée découlant de la dernière évaluation municipale. Certains font face à des augmentations de valeur allant jusqu’à 250 %, l’équivalent de plusieurs milliers de dollars de frais de taxes par an.


Lundi, ils menaçaient de manifester à l’occasion du conseil municipal. Le maire a convoqué les médias pour dévoiler un compromis trois heures avant.

 

À la Robin des bois


Après avoir martelé la semaine dernière qu’il ne pouvait rien faire et n’avait pas de contrôle sur l’évaluation foncière, M. Labeaume a annoncé qu’il avait trouvé une façon de réduire le fardeau des plus taxés des propriétaires commerciaux.


« On taxe surtout des gens qui ne devraient pas l’être. Ça peut causer des pertes d’emplois. Ça n’a pas de bon sens », a-t-il dit. Selon lui, la situation actuelle est « inéquitable » parce que les propriétaires de bâtiments mixtes et ceux des parcs industriels sont lourdement taxés alors que les grands propriétaires du secteur hôtelier, par exemple, ont eu droit cette année à des baisses notables.


Il se prévaut donc des articles 2.53 et 2.54 de la Loi sur la fiscalité municipale pour imposer non pas un, mais trois taux de taxation. Dès lors, ceux qu’il appelle les « gros » propriétaires verront leur facture augmenter et les « petits » verront la leur diminuer. « C’est une formule à la Robin des bois », a-t-il ajouté

 

Scepticisme


Cette solution, a-t-il dit, est toutefois temporaire et la Ville n’était pas en mesure de dire lundi exactement quels taux seraient appliqués. En attendant que cela se précise, il a demandé aux propriétaires de faire leur premier versement.


L’annonce a été accueillie avec un certain scepticisme. À la Chambre de commerce de Québec, le directeur, Alain Kirouac, a reconnu que c’était « une bonne nouvelle » pour les petits propriétaires, mais attend de voir les nouveaux comptes pour juger de l’ensemble. L’un de leurs porte-parole, Pierre Dolbec, a quant à lui parlé d’une bonne nouvelle « à court terme », mais en ajoutant que le réseau comptait continuer à militer pour des réductions fiscales.


L’un des petits propriétaires à l’origine du mouvement, Éric Dussault s’est montré sceptique. Pour lui, cette solution « ne veut rien dire ». Lui-même a subi une hausse de 70 %, l’équivalent de 14 000 $ de plus par an. « À mon sens, il n’y a pas de proposition là-dedans. Il nous dit de payer les comptes de taxes et qu’on verra par la suite… On ne peut pas diriger des entreprises avec des “on verra”.» Du côté de l’opposition, on a surtout dénoncé « l’improvisation » dans ce dossier. Anne Guérette, notamment, a reproché au maire d’avoir tardé à intervenir.

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