Saint-Augustin: le nombre de cols bleus a été multiplié par huit

Le nombre de cols bleus à la Ville de Saint-Augustin est huit fois plus important qu’il y a cinq ans. Pendant que la Ville de Québec privatisait certains services, sa voisine défusionnée en rapatriait du privé.

De 2007 à 2012, les effectifs de cols bleus sont passés de 8 à 68 personnes. Pourquoi ? Parce que Saint-Augustin-de-Desmaures a jugé qu’il était plus « économique » de rapatrier les services à l’interne que de les confier au privé.


« Il y a beaucoup de travaux qu’on fait maintenant en régie, explique le porte-parole de la Ville, Frédéric Masson. Avant, le déneigement dans certains secteurs était donné à contrat, mais maintenant, on le fait nous autres mêmes. » Même chose pour des réfections de rues, d’aqueducs et d’égouts ainsi que l’entretien ménager.


La hausse ne découle pas directement de la fusion (et des défusions) puisque le nombre de cols bleus était d’environ huit personnes avant les regroupements municipaux. Toutefois, la défusion a forcé la Ville a se doter de nouveaux équipements (arénas, centre communautaire, maison pour aînés) qui ont requis du personnel. « À l’époque, il y avait beaucoup de privé à la Ville. Maintenant, c’est l’inverse », explique le conseiller syndical Benoît Gosselin, du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).


Pendant ce temps, à Québec, on a privatisé la collecte des ordures et, plus récemment, l’entretien ménager et les services d’horticulture.


Interrogé, M. Masson n’a pas voulu trop se prêter au jeu des comparaisons. « Je ne sais pas si on fait le contraire de la Ville de Québec, mais on fait les choses à notre manière. »


La comparaison a d’ailleurs ses limites puisque, contrairement à ceux de Québec, les cols bleus de Saint-Augustin n’ont pas la sécurité d’emploi. La question est d’ailleurs au coeur des négociations syndicales actuelles sur leur contrat de travail échu depuis un an. Lundi, le groupe de travailleurs a voté à 84 % en faveur d’un mandat de grève qu’ils menacent d’appliquer en cas d’échec des pourparlers. Selon M. Gosselin, la formation et l’ancienneté font aussi partie des enjeux soulevés. « On a de la difficulté à faire des assignations au travail par ancienneté. Présentement, l’employeur peut prendre le plus jeune, le mettre sur un camion et envoyer un plus vieux sur appel. »


À la Ville, on refuse de commenter les négos, mais M. Masson a souligné que, s’il n’y a pas de sécurité d’emploi à Saint-Augustin, il n’y a pas non plus « beaucoup de mises à pied ».

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