L’Hôtel de Glace de Québec se prépare


	La construction de l’Hôtel de Glace se poursuit et seules quelques-unes des chambres seront offertes d’ici le 18 janvier.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir
La construction de l’Hôtel de Glace se poursuit et seules quelques-unes des chambres seront offertes d’ici le 18 janvier.

Québec — L’Hôtel de Glace de Québec doit ouvrir ses portes samedi pour la 13e année. Toutefois, seules quelques-unes des chambres glacées seront offertes d’ici l’ouverture officielle du 18 janvier.

Le patron Jacques Desbois est ravi du nombre de réservations. À deux jours de l’arrivée des premiers clients, 4150 personnes avaient réservé leur lit sur les 5480 places offertes par l’hôtel d’ici fin mars.
 
L’an dernier, 4850 nuitées avaient trouvé preneur et on prévoit passer le cap des 5000 en 2013. L’achalandage sur l’ensemble du site demeure toutefois un défi pour l’organisation, puisqu’il était en baisse l’année dernière. L’équipe dit s’attendre à ce qu’environ 100 000 personnes s’y rendent cette année.
 
Ouvert depuis 2001, l’Hôtel de Glace est situé sur le site de l’ancien Jardin zoologique depuis sa fermeture (il se trouvait auparavant plus en périphérie).
Contrairement à d’autres attractions touristiques, il parvient à attirer une majorité de touristes de l’extérieur du Québec (70 %, dont 30 % d’Américains).
Dans le jargon touristique, on décrit l’endroit comme « un produit d’appel » parce qu’il parvient à lui seul à attirer des gens de l’extérieur. Selon M. Desbois, cela tient au caractère « unique » et « inusité » du produit.
 
Ainsi, malgré le ralentissement économique aux États-Unis, de nouveaux Américains viennent chaque année tenter l’expérience, notamment pour des mariages. M. Desbois souligne que la plupart sont des gens « aisés », mais qu’il attire aussi des couples qui économisent longtemps pour pouvoir se le payer.
 
Le tourisme hivernal

La provenance des gens qui visitent le Québec s’impose de plus en plus comme un enjeu crucial en matière de tourisme. En mai 2011, un comité dirigé par Gilbert Rozon avait remis au gouvernement un rapport alarmiste sur le sujet.
 
Au terme d’une longue réflexion et d’une vaste consultation, ses auteurs s’inquiétaient de la diminution du nombre de touristes américains et de la dépendance grandissante de l’industrie touristique envers le marché québécois. « Un coup de barre s’impose », disait le comité en parlant « d’urgence ».
 
Interrogé à ce propos, M. Desbois abondait dans le même sens jeudi. « Au niveau des événements et des attraits touristiques, 50 à 70 % du chiffre d’affaires est local », observait-il. Avec la « multiplication » actuelle des événements, on risque selon lui « d’atteindre une limite ». « Si on ne fait pas attention, on va commencer à se battre tous pour la même tarte. »
 
La concurrence est vive même dans le petit monde des hôtels de glace. Ainsi, depuis l’an dernier, Montréal a aussi son hôtel de glace au Village des neiges et Laval a cette année son « restaurant de glace ».
 
« Nous, notre concept, c’est une ville de neige », explique le cofondateur de l’hôtel de Montréal, Carl Fugère. « On a un hôtel, des iglous, un bar, une chapelle. » Toutefois, la clientèle est surtout locale. « Évidemment, on est à côté d’une station de métro, donc la clientèle de la Rive-Nord et de Montréal vient nous voir. » Il avance que 80 % de ses clients sont Québécois et que 20 % viennent de l’extérieur.
 
Mais là aussi, la réponse est bonne. Selon M. Fugère, l’hôtel a accueilli 2000 clients l’an dernier et le nombre de visiteurs du village s’élevait à 95 000 personnes.
 
Pour le porte-parole de l’Office du tourisme à Québec, Éric Bilodeau, il est tout à fait normal que le tourisme hivernal soit d’abord québécois. « On voit de plus en plus de gens de l’étranger pendant le temps des fêtes, mais c’est sûr que la masse vient du Québec », dit-il. « Les Américains, il faut y aller avec modération [pour] leur parler de l’hiver et du froid. Ils n’ont pas la même vision que nous. »
 
Malgré tout, la Ville de Québec a fait du tourisme hivernal une priorité. Le maire Régis Labeaume souhaite notamment offrir des activités durant tout l’hiver et le site de l’Hôtel de Glace pourrait figurer au centre de ce projet. Un mandat a d’ailleurs été confié au Cirque du Soleil pour qu’il lui propose des idées.
 
Quant à l’Office du tourisme, il a lancé un grand chantier de réflexion à la suite du rapport Rozon. Cinq priorités ont été cernées d’ici 2020, dont le tourisme hivernal.
Selon M. Bilodeau, la stratégie devrait en partie être dévoilée au printemps. Elle n’est pas nécessairement en lien avec le projet du maire avec le Cirque et vise notamment à rassembler tous les acteurs touristiques dans un projet commun. L’Office proposerait par exemple de greffer certains attraits touristiques à la programmation du Carnaval de Québec qui, déjà, joue un rôle « moteur » dans la région.

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