Québec - Le 31 décembre sur Grande Allée: fête locale ou attrait touristique?

L’organisateur des fêtes du 31 décembre a déjà déclaré vouloir faire de la Grande Allée le prochain Times Square.
Photo: Seth Wenig - Associated Press L’organisateur des fêtes du 31 décembre a déjà déclaré vouloir faire de la Grande Allée le prochain Times Square.

Québec — Il faudra attendre des semaines avant de mesurer l’impact touristique des festivités du 31 décembre sur la Grande Allée. Mais en attendant, les avis sont partagés sur la provenance des fêtards.

Le patron du resto-bar Le Savini, James Monti, est formel. La fête du 31 sur Grande Allée est devenue une tradition qui rayonne à l’extérieur. « Ça a été magnifique. De loin la plus achalandée. La demande, surtout pour des gens qui venaient de l’extérieur, était vraiment forte. »


Ses clients, dit-il, venaient de Montréal, Laval, la région de Toronto, l’Ontario, New York, Boston. Pour se fondre dans la fête, son restaurant avait aménagé un bar de glace à l’extérieur. « On avait tellement de monde qu’il nous aurait fallu dix bars pour servir tout le monde ! », raconte-t-il, enthousiaste.


André Verreault, qui organise l’évènement au nom des commerçants, est du même avis. « C’est un évènement porteur pour le tourisme », affirme-t-il. Pendant les jours précédant la fête, il dit aussi avoir croisé des étrangers qui venaient spécialement pour la fête du 31.


À l’hôtel Château Laurier, les affaires ont aussi été très bonnes, mais la clientèle demeure largement locale. « On avait beaucoup de gens de Montréal, des Cantons de l’Est, de Sherbrooke, mais la majorité, c’est vraiment de la ville de Québec », a expliqué la directrice adjointe à la réception, Caroline Drolet. Elle ajoute avoir vu passer beaucoup d’Européens et de Français « parce qu’on est dans la haute saison de la motoneige » et qu’il y avait « quelques Espagnols ».


Alors que l’an dernier, certaines chambres étaient vacantes, tout était réservé cette année. Selon elle, l’événement se fait connaître « de plus en plus » et cela a un « impact important » sur l’achalandage.


Au Louis-Hébert aussi, on a vu surtout des gens d’ici. « Je faisais le bar à l’extérieur du resto ce soir-là, et c’était une très grande clientèle locale », d’expliquer Catherine Laferrière, qui est serveuse dans ce restaurant.


Au restaurant le Continental, qui est situé à l’extérieur de la zone, mais à distance de marche, les célébrations du 31 n’ont pas eu d’impact. « Ça ne nous affecte pas du tout », dit le propriétaire Sylvain Pageau. « L’achalandage, on ne le voit pas. »


Il ajoute que c’est la clientèle « locale » qui a permis au restaurant « de passer un bon mois ». « On a un bon noyau de clientèle locale, alors même si c’est tranquille touristiquement, on s’en sort bien. »


Grande mobilisation


La Ville et les milieux d’affaires se sont beaucoup mobilisés depuis 2009 pour créer un produit d’appel touristique avec les fêtes du 31 décembre sur Grande Allée.


Cette année, on offrait aux fêtards une prestation de Boy George, qui fait désormais office de DJ. On a fait exploser des feux d’artifices, exposé moult décorations, et la grande roue était de retour.


Le principal ajout par rapport à l’an dernier est l’agrandissement du site devant le Manège militaire par l’ajout d’une nouvelle scène dédiée à la musique traditionnelle.


La Ville à elle seule investissait 250 000 $ dans l’aventure, un ajout par rapport aux autres années, puisque 510 000 $ avaient suffi à financer les trois fêtes précédentes. Selon M. Verreault, « plusieurs dizaines de milliers de personnes » ont clôt l’année 2012 sur Grande Allée. Sur son compte Twitter, Boy George parlait de 25 000 personnes.


Interrogé sur l’impact touristique, M. Verreault s’en remet à une étude en cours. « Cette année, l’Office du tourisme [OTQ] et la Ville de Québec ont commandé à Léger Marketing une étude de provenance parce que l’OTQ considère que c’est un événement porteur. » Cette étude ne sera pas disponible avant février, précise-t-il.


Le directeur d’Action Promotion Grande Allée ajoute qu’il reste beaucoup à faire et que « l’événement n’est pas encore publicisé à l’étranger ». Il soutient que pour attirer plus de touristes, notamment du Québec, on pourrait dévoiler la programmation plus tôt en sécurisant le financement de l’évènement.


Cela pourrait lui permettre de s’insérer à temps dans la programmation télé. « Bruno Pelletier ou d’autres artistes pourraient nous faire un beau show de télé après le Bye Bye. »

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