Transport en commun - Des garages mal organisés à Québec

Le vérificateur de la Ville reproche au service d’entretien du RTC de ne pas classer les bris d’autobus «par ordre de gravité». 
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le vérificateur de la Ville reproche au service d’entretien du RTC de ne pas classer les bris d’autobus «par ordre de gravité». 

La mauvaise organisation du travail dans les garages du Réseau de transport en commun de la capitale (RTC) entraîne une explosion des heures supplémentaires, selon le vérificateur de la Ville, François Gagnon.


En décembre 2011, un employé avait accumulé à lui seul pas moins de 4900 heures, d’après le rapport que M. Gagnon a présenté mardi. Au total, les employés des garages ont accumulé 62 514 heures la même année, l’équivalent de 1,6 million de dollars.


En divisant par le nombre d’employés (350), cela correspond à 178 heures et 4747 $ par travailleur.


Le rapport porte sur les deux principaux garages du RTC, le centre Métrobus et celui de Lebourgneuf. Ces derniers sont responsables de l’entretien de la majorité de la flotte, à l’exception des autobus électriques (écolobus) qui ont leur propre garage.


Pour le vérificateur, le nombre d’heures supplémentaires découle en bonne partie de l’organisation du travail. Il reproche au service d’entretien de ne pas classer les bris d’autobus « par ordre de gravité » et d’aménager l’horaire de telle sorte qu’il faut recourir systématiquement aux heures supplémentaires.


Il déplore aussi qu’il soit impossible de connaître l’historique de réparations d’un véhicule et qu’il lui soit dès lors impossible d’avoir « l’assurance que les véhicules sont entretenus au moindre coût possible et de façon efficiente ».


Invité à commenter, le président du RTC, Raymond Dion, a glissé que M. Gagnon dressait le portrait d’un « garage idéal » et qu’une partie de la solution passait par les syndicats, mais qu’il ne voulait « pas négocier sur la place publique ».


Impossible par ailleurs de savoir s’il était déjà au courant de l’explosion des heures supplémentaires. Malgré les questions répétées des journalistes, il n’a pas voulu le dire.


Le vérificateur trouve 130 millions


Le vérificateur a par ailleurs découvert 130 millions de dollars en flottement dans 235 règlements d’emprunts de la Ville. Il s’agit de sommes obtenues dans le cadre de vieux règlements d’emprunts qui n’auraient pas été entièrement dépensées. Certaines avaient même été autorisées avant la fusion de 2002.


Pour le vérificateur, ce n’est pas normal. « Il n’est pas approprié de financer des immobilisations à même des autorisations données il y a plusieurs années », écrit-il.


À la question de savoir si la Ville se garde ainsi une « marge de manoeuvre », M. Gagnon a refusé de se prononcer, mais promet de creuser davantage la question dans l’avenir. Il signale en outre que depuis sa vérification, la Ville a réduit le montant de 130 millions de moitié en régularisant ces prêts.

1 commentaire
  • Martine Fortin - Inscrite 20 décembre 2012 12 h 51

    Je me pose des questions??

    Comment font le syndicat et les employés de la ville font pour dormir paisiblement après fourrer, abuser, profiter, etc... du système. Je pensais que les employés travaillaient pour les citoyens.

    A lire entre les lignes, je m'apercoit plutôt qu'ils font tout pour s'emplir les poches.
    A la radio, on disait qu'un travail de 2 heures (selon le constructeur des autobus) pour changer une pièce défectueuse, prenait 6 à 8 heures.

    Vraiment enfantin et irrespectueux de travailler au ralenti afin de cumuler des heures supplémentaires aux frais des citoyens. Coudon, le vérificateur, le boss de garage, le gérant (peu importe), ne s'apercoit de rien! Il y a certainement des gens incompétents ou de mauvaise foi qu'il faut CONGÉDIER sans primies et bonus.

    UN GRAND MÉNAGE SVP.