Budget de la Ville de Québec - Montréal est «irresponsable», dit Labeaume

«Les villes qui n’investissent pas de façon très importante dans leurs infrastructures sont, excusez-moi, tout à fait irresponsables, a lancé lundi le maire de Québec Régis Labeaume.
Photo: Clément Allard - Archives Le Devoir «Les villes qui n’investissent pas de façon très importante dans leurs infrastructures sont, excusez-moi, tout à fait irresponsables, a lancé lundi le maire de Québec Régis Labeaume.

La Ville de Montréal est «irresponsable» parce qu’elle n’investit pas autant que Québec dans ses infrastructures, selon le maire Régis Labeaume.

«Les villes qui n’investissent pas de façon très importante dans leurs infrastructures sont, excusez-moi, tout à fait irresponsables, a-t-il lancé lundi. À Montréal, toutes proportions gardées, on investit deux fois moins que la Ville de Québec en infrastructures.»


Pour affirmer cela, le maire se base sur les investissements de 2008 à 2012. Au cours de cette période, Québec a investi 2,27 milliards contre 4,52 milliards à Montréal. Or, souligne-t-il, la métropole a un budget quatre fois plus important.


«À un moment donné, il y a quelqu’un qui va devoir payer ça, dit-il. Et ceux qui vont devoir payer, ça s’appelle les générations futures.»


Le maire a tenu ces propos lors de la présentation de son sixième budget. La semaine dernière, ses critiques lui avaient reproché de trop endetter la ville en maintenant la cadence en infrastructures. C’était le cas notamment d’un des conseillers qui a quitté son parti, Patrick Paquet. Or ce dernier a quand même voté en faveur du nouveau Programme triennal d’immobilisations (PTI).


Sur la question de la dette, l’administration Labeaume avait de bonnes nouvelles lundi puisqu’elle s’élève à 130 millions de moins que ce qu’elle prévoyait en mars 2011, lors de la présentation du projet d’amphithéâtre. En 2013, la dette nette s’élèvera à 1,56 milliard.


Autre changement dans les données, le déficit des régimes de retraite s’élèvera à 624 millions en 2013 selon la Ville, alors que le maire répète depuis des mois qu’il est de 750 millions.


Pour les opposants du maire, c’est un mélange de bonnes nouvelles et de manipulations. «C’est un budget dans la veine Labeaume, qui cache des choses», a déclaré le conseiller indépendant Jean Guilbault. Quant à son collègue Yvon Bussières, qui s’inquiète souvent du poids de la dette, il a dit se «réjouir de l’erreur».

 

Transport et police


Sur la hausse de l’impôt foncier pour 2013, M. Bussières avait également peu à redire. Malgré l’augmentation substantielle de la valeur des maisons, l’administration limite la hausse à 1,9 % en moyenne. Or, il s’agit d’une moyenne et les écarts varient beaucoup d’un secteur à l’autre (voir tableau). De plus, les personnes dont les propriétés ont pris plus de valeur que la moyenne vont subir une ponction supplémentaire. En septembre, le nouveau rôle d’évaluation pour les années 2013 à 2015 a établi une hausse moyenne de 28 % de la valeur des propriétés résidentielles.


Du côté des dépenses, la masse salariale occupe toujours un pourcentage important des charges (38 %), mais, de nouveau, le maire a souligné que c’était bien pire à Montréal. Sinon, les deux principales augmentations bénéficient au transport en commun (RTC) et à la police, qui héritent chacun de six millions de plus.


Sur la police, le directeur général, Alain Marcoux, a souligné qu’il s’agissait d’une «priorité absolue». Les fonds doivent notamment financer la sécurité entourant les nombreux événements spéciaux dans la capitale.


***

Une augmentation pour tous 

Hausse moyenne de l’impôt foncier pour une maison unifamiliale de 261 000 $

  • Vanier: 2398,34 $ ( + 4,9 %)
  • Lac-Saint-Charles: 2535,63 $ ( + 1,5 %)
  • Sillery: 2558,33 $ ( + 3,7 %)
  • Beauport: 2565,38 $ ( + 3,0 %)
  • Charlesbourg: 2576,86 $ (+ 2,5 %)
  • Sainte-Foy: 2625,54 $ (+ 2,5 %)
  • Québec: 2774,96 $ ( + 3,2 %)
  • Saint-Émile: 2623,32 $ ( + 1,4 %)
  • Cap-Rouge: 2717,54 $ (+ 2,1 %)
  • Loretteville: 2871,00 $ (+ 1,8 %)
  • Val-Bélair: 2946,18 $ (+ 1,8 %)

Note : L’impôt foncier est présenté en fonction des anciennes villes (avant la fusion municipale). Cela est dû au fait que les citoyens paient plus ou moins cher en fonction de la dette qu’avait leur ancienne municipalité. Par exemple, la part de l’impôt foncier découlant de la dette de Lac-Saint-Charles est de 24,80 $ par an alors qu’à Loretteville, elle s’élève à 217,67 $.

6 commentaires
  • Yves White - Abonné 18 décembre 2012 08 h 08

    De quoi je me mêle!

    Alors Napoléon Labeaume frappe (s'écoute) encore! Je lui souhaite de n'avoir aucun squelette dans quelque placards que ce soit, sinon, la chute sera très difficile sur cet égo complètement gonflé à l'hélium, mais surtout par son propre air!

    C'est facile de pavoiser quand il a pu manipuler les libéraux afin de jouer les libéraux en cours d'élection pour obtenir toutes les concessions inimaginables pour faire payer à l'ensemble des citoyens du Québec, son budget d'infrastructure par toutes sortes d'investissement gouvernementaux (nouveau colisé, futur éléphant blanc)...

    Alors celui qui a agit en colusion avec Québecor pour forcer la main a tout le monde, celui qui a engagé Clotaire Rapaille sans appel d'offre, celui qui traite qui que ce de soit d'imbécile, parce qu'il ose lui poser des questions , le voilà qui fait la leçon...

    Qu'il arrête donc de faire du bruit de diversion et d'enflure verbale et qu'il se contente de son rôle de guignol de village, lui qui ne doit son ascension qu'à la mort de la mairesse Boucher.

    Et surtout quand on habite dans un palais de verre on ne doit surtout pas lancer des pierres aux voisins.

  • André Michaud - Inscrit 18 décembre 2012 08 h 56

    Priorité

    J'estime aussi que les infrastructures doivent être une priorité pour les municipalités. À Québec on est dérangé par les multiples travaux, mais en même temps on est content que ça bouge.

    Et il est évident que ce ne fut pas le cas à Montréal ou le retard est énorme et la ville assez délabrée..

    Toutes les sommes détournées par les employés et cadres malhonnêtes dénoncés par la commission Charbonneau n'ont pu servir pour les infrastructures..

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 18 décembre 2012 09 h 01

    Le donneur de leçons à l'ombre du clocher

    Quand le maire Labeaume sera tenu de gérer une ville qui absorbe la plus grande partie des problèmes sociaux du Québec et doit intégrer la majeure partie de ses immigrants, se construit sur une île au milieu d'un archipel de banlieues dortoirs, accueille la plus grande part de l'industrie secondaire ou tertiaire, doit contribuer à l'énergie créatrice du Québec en entier en matières de génie, des sciences, des arts et des lettres, il nous reparlera.

    En attendant, qu'il continue de jouer l'impresario en chef dans une société du spectacle subventionnée par un gouvernement provincial soucieux de maintenir des rapports de bon voisinage. Pour ce qui est de l'attrait de sa ville magnifique, il peut remercier le Château Frontenac et Lord Dufferin.

    Ce n'est pas en construisant un carrousel, une fontaine, ou un amphithéâtre qu'on crée l'urbanité.

    • André Michaud - Inscrit 18 décembre 2012 11 h 20

      M.Labeaume a déjà reconnu qu'être maire de Montréal avec ses multiples petits-maires est une toute autre affaire que s'occuper de Québec, et qu'il ne ferait pas de miracle.

      Cependant dire que les infrastuctures sont la base d'une ville reste une évidence. Les rues, aqueduc et égoûts, ainsi que police et pompiers doivent être la priorité d'une administration municipale.

  • Marjolaine Gaudreault - Inscrite 18 décembre 2012 10 h 46

    Tort ou raison ?

    Quand le maire Labaume parle, on dirait que la terre cesse de tourner; cependant, comme il a raison de mettre l'accent sur l'importance de s'occuper des infrastructures avant toutes choses. Se mêler de ses affaires, c'est trop difficile pour lui et l'occasion était trop belle pour qu'il s'en prive.

    Une personne ne peut avoir que des qualités et le maire de Québec est assez expéditif dans ses propos en général. Parfois, je voudrais bien lui donner tort, mais il a habituellement raison. Ses propos fendent l'air et dépassent parfois leur but. Malgré son bagou, il vise là où ça fait mal.

    Il nous faudrait plus de politiciens comme lui, ça nous change de la langue de bois. Quand je demeurais à Québec, j'étais fière de mon maire et quand on n'était pas satisfait de ses propos, nous écrivions à la mairie et à notre grande surprise, nous recevions un mot personnel du maire qui expliquait ses propos et naturellement toujours avec la même ardeur.

  • Francois Gagnon - Inscrit 18 décembre 2012 17 h 39

    Montréal a au contraire investie ds ses infrastructures mais ...

    ...mais à coups de 30 à 40% de trop pour ce qui a été livré d'une qualité trop souvent douteuse et non conforme aux plans et devis.