Accès restreint au conseil municipal de Québec

Régis Labeaume
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Régis Labeaume

Québec — Inquiétée par l’attentat du Métropolis à Montréal la semaine dernière, l’administration Labeaume envisage de restreindre l’accès des citoyens aux séances du conseil municipal de Québec.

En vertu du nouveau système, les citoyens n’auraient accès à la salle du conseil qu’au moment où ils posent leur question. Plutôt que de rester assis dans la salle pendant le reste de la séance, ils auraient accès à un autre local avec télédiffusion.


L’attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, souligne que la proposition vient du service de police et de la direction générale et que les policiers en particulier réclament ces changements depuis des années.


Il ajoute que deux événements l’ont fait cheminer récemment : la bousculade lors de l’adoption du règlement sur les manifestations (en juin) et l’attentat de la semaine dernière au Métropolis : « Est-ce qu’on a n’a pas tous été bouleversées par ce qui s’est passé la semaine dernière ? », a-t-il déclaré.


Interrogé sur l’apparence antidémocratique de la proposition, M. Nolin fait valoir qu’un tel système existe à Montréal et que la ville n’est pas jugée antidémocratique pour autant.


Pour l’opposition, cette proposition est disproportionnée. « S’ils ont décidé de faire ça à Montréal, ce n’était pas pour des raisons de sécurité, mais d’espace », plaide la conseillère Anne Guérette. « À part Montréal, on serait les premiers de la province à prendre des mesures aussi drastiques. »


Le conseiller Yvon Bussières fait valoir qu’il y a déjà deux policiers armés à l’entrée de la salle. « Il y a comme une psychose présentement avec la sécurité », dit-il. Jean Guilbault, lui, trouve la proposition « farfelue » et souligne que la bousculade de juin, « c’est M. Louis Côté [le chef de cabinet du maire] qui l’a initiée. » Enfin, le parti Québec Autrement estime qu’il « est abusif de prendre prétexte d’un événement malheureux pour éloigner les citoyens de leurs élus ».

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Le maire de Strasbourg à Québec pour parler de tramway

Après le maire de Bordeaux Alain Juppé, ce sera au tour du maire de Strasbourg, Roland Ries, de visiter Québec la semaine prochaine.
 

M. Ries prononcera une conférence le 19 septembre dans le cadre de la Semaine des transports collectifs et actifs. Le groupe Vivre en ville qui milite pour le projet de tramway à Québec l’a invité à parler de l’expérience de Strasbourg avec ce mode de transport, en passant par les bienfaits comme les complications.
 

La programmation de la Semaine des transports collectifs et actifs doit par ailleurs être dévoilée mardi matin au Complexe G.

3 commentaires
  • Sylvie Brodeur - Inscrite 11 septembre 2012 01 h 41

    Décision précipitée?

    Bonjour,

    Est-ce un message démontré que, jusqu'ici les propos des citoyens de la ville de Québec ont démontré une tendance jusqu'à craindre un attentat envers les élus municipaux?

    Si c'est le cas, je ne crois pas que c'est en verrouillant des portes que ça va se résorber ou se régler.

    Est-ce une tendance, si tendance il y a, que l'on sent dans les rues ou dans les médias locaux ?

    La décision m'apparait précipitée, j'ignore si tendance est réelle ou pas. Et si la tendance se maintient... ?


    Cordialement.

  • Fabien Nadeau - Abonné 11 septembre 2012 07 h 19

    Huis-clos

    Je comprends l'inquiétude du maire Labeaume. Il sait bien que son style abrasif heurte certaines sensibilités.

    Mais je sais aussi que le maire s'accomoderait bien d'une démocratie du huis-clos. Mais serait-ce encore de la démocratie?

    Lui qui a des tendances autocratiques, que ferait-il s'il pouvait tout décider à huis-clos?

    • Claude Lachance - Inscrite 11 septembre 2012 15 h 44

      Je suis d'accord pour qu'on lui fournisse une cage, ça mettrait les citoyens à l'abri de ses délires.