Légionellose : échanges musclés entre maire et élus à Québec

Régis Labeaume, aux côtés de Chantale Giguère, directrice générale adjointe à la sécurité publique de Québec, et du Dr François Desbiens, directeur régional de la santé publique (DSP) de la Capitale-Nationale, en point de presse vendredi. La DSP a annoncé lundi trois nouveaux cas de légionellose.
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Régis Labeaume, aux côtés de Chantale Giguère, directrice générale adjointe à la sécurité publique de Québec, et du Dr François Desbiens, directeur régional de la santé publique (DSP) de la Capitale-Nationale, en point de presse vendredi. La DSP a annoncé lundi trois nouveaux cas de légionellose.

Le thème de la légionellose a donné lieu à des échanges agressifs lundi lors de la séance de la rentrée au conseil municipal de Québec. Le maire de Québec a même dû s’excuser après avoir notamment traité un conseiller d’« odieux » et de « laid ».

« Y a-tu des moyens de le faire fermer ce gars-là ? », a lancé le maire Régis Labeaume au conseiller indépendant Jean Guilbault. « Vivement des élections qu’il s’éclipse ! »


Le maire s’est emporté après s’être fait reprocher par le conseiller de ne pas être revenu de vacances avant et de ne pas être intervenu plus tôt pour sonner l’alarme dans le dossier de la légionellose. Estimant qu’on essayait de lui « mettre huit morts sur le dos », M. Labeaume est sorti de ses gonds. « Quel homme odieux et laid ! », a-t-il lancé à M. Guilbault.


Un peu avant, c’était avec l’autre conseiller indépendant, Yvon Bussières, que le ton était monté. Ce dernier avait demandé au maire de légiférer dès maintenant contre les systèmes de climatisation responsables de l’éclosion de la bactérie. Il faisait valoir que ce serait trop long d’attendre l’intervention du gouvernement après l’élection du 4 septembre.


Du tac au tac, le maire Labeaume a demandé à M. Bussières pourquoi lui n’avait rien fait comme élu quand un rapport avait demandé une intervention gouvernementale à la fin des années 1990. « Ça serait assez crétin aujourd’hui de faire de la réglementation, a-t-il ajouté. Ça ne sert à rien, l’été est fini. »


M. Labeaume faisait allusion à la tendance de la bactérie à se multiplier lors d’épisodes de chaleur répétés. Reprochant à M. Bussières de vouloir politiser une question de santé publique, il a lancé qu’il fallait vraiment « être un grand chrétien » pour agir de la sorte. M. Bussières, dont l’attachement à la religion catholique est bien connu, a alors demandé au maire de cesser de « faire allusion à sa foi ».


À un certain moment, le ton a tellement monté que le maire a demandé tout haut au président du conseil s’il avait « une muselière » pour faire taire le conseiller.


Plus tard, pendant le conseil, le maire s’est excusé pour la teneur de ses propos. « Je suis désolé, je vais essayer de ne pas m’emporter, mais, à un moment donné, il y a des limites », a-t-il déclaré.

 

Trois nouveaux cas


Avant le conseil, le maire avait lancé un appel aux propriétaires de tours de refroidissement qui auraient pu être oubliés, de se manifester. « On demande à tous les propriétaires d’édifices à Québec qui ont des tours de refroidissement et qui n’ont pas été visités de nous appeler au 418 641-6001 », a-t-il déclaré devant les caméras.


Prié de dire s’il croyait possible que la source de l’éclosion n’ait pas encore fait l’objet d’une inspection, il a minimisé le risque. « Ça nous étonnerait. Je veux juste lancer l’appel pour m’assurer que le travail est bien fait. […] On ne veut pas prendre de chances. »


Un peu plus tôt, la Direction de la santé publique avait annoncé que trois nouveaux cas s’étaient ajoutés aux 104 déjà connus. Elle ne recensait toutefois aucun nouveau décès. Le nombre de personnes décédées de l’éclosion de légionellose s’élève à huit.


Malgré le faible nombre de nouveaux cas, le directeur de la santé publique n’était pas encore prêt à se réjouir lundi. À un journaliste qui lui demandait si l’éclosion était en train de décroître, il a rétorqué qu’il y avait d’autres cas non confirmés. « J’aimerais vous dire oui, mais le nombre de cas faisant l’objet d’une enquête est un peu plus élevé que deux ou trois », a-t-il dit.

3 commentaires
  • Jacques Pilon - Abonné 28 août 2012 07 h 46

    Cré Régis

    Ineffable, sans saveur, sans profondeur...

    Son approche systématique: faire des attaques personnelles, généralement irrespectueuses, envers ses détracteurs oui! Mais aussi envers qui que ce soit qui pose une question légitime en démocratie, qu'il soit employé municipal, conseiller, ou journaliste...

    Sans jugement et sans perspective...

    Il ne passera pas de reglèment maintenant parce que l'été est fini !
    On annonce trente encore cette semaine monsieur Labaume ! Et l'année prochaine ? Si le gouvernement du Québec n'a pas légiféré adéquatement, ce sera encore de sa faute ?

    Irresponsable !

  • Roger Gagnon - Inscrit 28 août 2012 08 h 35

    Légionnelose

    Il y a des conseillers indépendants,qui avec leur blâme à l'égard du maire, sont de mauvaise volonté.Rendre le Maire responsable et négligent en prenant ses vacances; de toute façon il n'aurait été impossible de faire mieux,il y avait des gens compétant pour s'occuper du problème.Les propos de Gauthier sont dégueulasses.
    Roger Gagnon La-Pérade Qc.

  • Christian Fleitz - Inscrit 28 août 2012 09 h 44

    logique!

    «C'est pas moi, c'est l'autre....» réflexe de politique aux petits pieds. Qu'importe la faute, ce devrait être l'objet à venir d'une vraie inspection-expertise sérieuse qui ne devrait pas aboutir à des conclusions trop souvent fréquentes «finalement, c'est la faute à personne...»
    Par contre, c'est le rôle d'un vrai politique, en charge de responsabilités, de prendre les décisions et de faire les interventions qui doivent liquider le problème.