Le projet d’Estimauville est confié à la Société immobilière Leboeuf

C’est finalement un promoteur local, la Société immobilière Leboeuf, qui a remporté l’appel d’offres pour réaliser la première phase de l’écoquartier d’Estimauville.

« Soyez sans crainte, on va être à la hauteur », a déclaré le président de l’entreprise, Sébastien Leboeuf, lors d’une annonce à l’hôtel de ville hier matin. En remportant l’appel d’offres, le promoteur met la main sur 62 000 m2 de terrain. De cet espace, 15 000 m2 sont destinés à des espaces commerciaux et le reste comprendra 705 résidences de tous types (condos, maisons de ville, appartements locatifs, logements sociaux, résidence pour personnes âgées).


Le maire Labeaume a souligné lors de l’annonce que M. Leboeuf était devenu « un joueur important » à Québec et s’est réjoui que le projet soit piloté par un homme d’affaires local.


Les relations avec M. Leboeuf ont déjà été moins heureuses. En novembre 2009, la Ville de Québec avait déposé une injonction pour l’empêcher de couper des arbres dans le cadre d’un autre projet.


Depuis, M. Leboeuf a multiplié les projets. Il a déjà dans ses cartons deux ambitieux projets de quartiers verts à Lac-Beauport et dans l’ancienne ville de Charlesbourg et est l’un des trois joueurs dans la course à l’autre écoquartier de la ville de Québec, Pointe-aux-Lièvres. On saura d’ici la fin du mois quel groupe a remporté ce second appel d’offres.


Pour réaliser l’écoquartier d’Estimauville, M. Leboeuf s’est adjoint les services de huit firmes, dont l’entrepreneur en construction EBC, la firme Genivar et Yvan Blouin architecte. La construction doit débuter en 2013 et M. Leboeuf prévoit pouvoir la compléter en cinq ans.


Hier, il a promis de vendre les unités à des prix accessibles. Les condos les moins chers seront mis en vente à 169 000 $ et les maisons de ville les plus dispendieuses, à 459 000 $. Quant aux appartements à louer qui compteront pour 20 % de l’ensemble, leur prix oscillera entre 750 $ et 1000 $ pour des logements allant du loft au 5 et demie.


Les bâtiments compteront de trois à huit étages et il n’y aura aucun stationnement dans la rue. Par ailleurs, on ne devrait pas trop voir de camions à ordures dans l’écoquartier puisque la Société immobilière Leboeuf compte utiliser un système de collecte automatisée et souterraine des déchets. Développé par l’entreprise suédoise Envac, ce système est déjà utilisé dans des écoquartiers en Europe.


Toutefois, M. Leboeuf a décidé de ne pas investir dans un système de chaufferie à la biomasse comme celui construit dans l’écoquartier privé de Cité verte ailleurs à Québec. Ce système était trop coûteux et il fallait limiter les coûts pour offrir des prix de logement accessibles, a-t-il expliqué. L’écoquartier recourra plutôt à la géothermie.


L’écoquartier d’Estimauville comporte une seconde phase, mais le maire a mis en doute sa réalisation hier. Les terrains étant situés sur un ancien dépotoir, la Ville hésite à aller de l’avant à cause du niveau de contamination du terrain.