Québec - Risque de profilage social envers les itinérants

En interdisant la présence de citoyens dans les parcs la nuit, la Ville de Québec risque de nuire aux itinérants, croient certains groupes.

L’alarme a été sonnée hier par la section locale de la Ligue des droits et libertés et le Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec. Ces derniers sont préoccupés par les modifications au règlement sur la paix et le bon ordre que souhaite imposer la Ville. Ils en ont surtout contre l’article 19.1 qui interdit la présence dans les parcs entre 23 h et 5 h du matin. « Le taux d’occupation élevé au sein des ressources d’hébergement d’urgence et le niveau important de désaffiliation chez certains itinérants impliquent nécessairement que des personnes se retrouvent sans abri durant la nuit », font-ils valoir.


À leur avis, ces mesures de contrôle constituent un « outil de coercition supplémentaire à un problème social qui mérite d’être abordé autrement ».


D’emblée, les mesures à l’intention des indignés, comme l’interdiction d’aménager un abri dans un lieu public, ouvrent la porte, selon eux, à « du profilage social » et risquent de faire augmenter la judiciarisation de ces personnes. Les changements au règlement de la Ville ont été approuvés par le comité exécutif cette semaine et doivent être votés par le conseil municipal avant d’entrer en vigueur, soit lundi prochain.


À l’origine, ces amendements incluaient aussi des mesures encadrant le port du masque dans les manifestations, mais le maire Régis Labeaume les a fait retirer à la dernière minute jeudi.