Régimes de retraite - Labeaume craint les compromis

Le maire de Québec, Régis Labeaume, dénonce le «syndicalisme néanderthalien».<br />
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Le maire de Québec, Régis Labeaume, dénonce le «syndicalisme néanderthalien».

Québec — Le maire de Québec, Régis Labeaume, craint que le débat actuel sur le coût des régimes de retraite ne mène à des compromis temporaires et confidentiels entre élus et syndicats.

«Il faut un débat public pour forcer les élus municipaux à trouver la vraie solution, mais pas la solution qui va nous permettre d'aller à un ou deux mandats supplémentaires, j'ai peur de ça», a-t-il déclaré en parlant d'ententes conclues «sous les couvertures» pour «sauver la face».

«Je fais confiance à tout le monde, mais on est tous des politiciens, alors on va faire l'exercice une fois, mais on va le faire comme il faut. Le danger, c'est de ne pas le faire pour vrai et de pelleter en avant.»

Dans son discours de la rentrée, le maire a dit qu'il avait «sciemment» lancé le débat sur les fonds de pension à prestations déterminées avant les Fêtes. Son intention, a-t-il dit, était de forcer les débats sur le sujet en famille «autour des tourtières».

Il a par ailleurs lancé un appel aux employés pour qu'ils ne voient pas dans ce débat une attaque contre leur travail. «Le débat sur les régimes de retraite n'a rien à voir avec la compétence et l'implication des employés municipaux. C'est un problème de société», a-t-il dit en soulignant que son personnel faisait «un merveilleux travail» et qu'il allait falloir «accepter de séparer les deux choses.»

Vives tensions

Selon le maire, l'écart entre les avantages sociaux des employés municipaux et ceux du reste de la population risque à terme de déclencher «une révolte». «Si on ne fait pas quel-que chose maintenant, à un moment donné, il va y avoir une révolte, j'en suis convaincu», a-t-il lancé. «Ceux qui n'ont pas la chance de vivre avec ces conditions-là sont de plus en plus informés, de plus en plus scolarisés, et de plus au courant de la situation et c'est pour ça qu'il faut s'y attaquer.»

Le maire a tenu ses propos dans un contexte de vives tensions avec les syndicats des cols blancs et des cols bleus. Comme le rapportait Le Devoir samedi, la ville de Québec a même dû annuler l'événement Reconnaissance qui est organisé chaque année pour ses employés parce que ces syndicats avaient lancé un appel au boycottage. Interrogé à ce propos hier, le maire a rétorqué que leur attitude relevait d'un «syndicalisme néanderthalien» et que «ce n'était pas la bonne façon d'arriver à ses fins que de priver les employés d'une soirée de réjouissance».

M. Labeaume a par ailleurs dit s'attendre à ce que l'année 2012 soit particulièrement intense à la ville de Québec. «Si on pense que 2011 a été mouvementée ou controversée, je ne suis pas sûr que 2012 va nous apporter la baisse de pression dont on a besoin.»

En plus du débat sur les retraites, son administration aura des «décisions importantes» à prendre au printemps sur le type d'amphithéâtre dont elle souhaite se doter. Les écoquartiers, les négociations avec les syndicats et la modernisation de la bibliothèque Gabrielle-Roy sont également au nombre des priorités.
37 commentaires
  • Pierre Rivet - Abonné 17 janvier 2012 01 h 49

    Encore des indignés?

    Selon le maire, l'écart entre les avantages sociaux des employés municipaux et ceux du reste de la population risque à terme de déclencher «une révolte». «Si on ne fait pas quel-que chose maintenant, à un moment donné, il va y avoir une révolte, j'en suis convaincu», a-t-il lancé. «Ceux qui n'ont pas la chance de vivre avec ces conditions-là sont de plus en plus informés, de plus en plus scolarisés, et de plus au courant de la situation et c'est pour ça qu'il faut s'y attaquer.»

    Est-ce que cela veut dire que si les gens se révoltent contre les avantages d'employés syndiqués et se mettent à dresser des tentes dans les parcs, le maire ne les fera pas expulser eux?

  • pierre savard - Inscrit 17 janvier 2012 05 h 26

    Syndicalisme québécois

    Il faut s'attaquer aux privilèges des fonctionnaires. Bravo à Labeaume ! Honte à ceux qui défendent les privilèges scandaleux des fonctionnaires.

  • yvesdeau - Inscrit 17 janvier 2012 05 h 37

    Pelleter en avant?

    Justement, quand le maire Labeaume parle de pelleter en avant, il a bien raison. Coupez les fonds de pensions, éliminez la sécurité d'emploi de ces fonctionnaires bébé gâtés et PRIVILÉGIÉS... Tous ces travailleurs qui ont un revenu décent sans rien de plus, contrairement au discour hautement médiatisé actuellement, contribuent justement à l'économie anémique actuelle. ILS CONSOMMENT,Ils achètent des biens, ils vont au resto, en voyage, un ordi, une nouvelle télé à écran plat... Enlevez leur de l'argent afin qu'ils puissent uniquement rencontrer les coûts de frais de subsistance et vous verrez quel sera l'état de santé de l'économie. Jouer dans les fonds de pensions c'est justement cela "pelleter en avant"! Mais qu'avons nous donc fait pour avoir des dirigeants aussi insignifiants et incompétants? Et ce, à tous les niveaux. Il ne manque plus que les Caquistes comme gouvernement puisqu'ils affectionnent la même doctrine. Tiens! un nouveau slogan: Avec les Caquistes on est dans le Caca!

  • Ghyslain Duguay - Inscrit 17 janvier 2012 07 h 27

    «autour des tourtières».

    Autour de la tourtière, nous avons surtout discuté de la nécessité de la construction d'un amphithéâtre de 400 millions payé par les contribuables.
    Mr Labeaume a des idées de grandeurs payables par les contribuables. Ensuite ils s'en prend au pension payés à la classe moyenne.
    Je ne dis pas qu'il n'y a pas un problème avec les fonds de pension des employés de l'état. Comme il n'y a pas un problème avec le vieux Colisée.
    Sauf que si Mr Lebeaume veut que les fonctionnaires fassent un effort pour les finances public, un Colisée à 250-300 millions devrait faire l'affaire.
    Présentement , Mr n'est qu'un autre politicien qui alimente le cynisme.

  • Socrate - Inscrit 17 janvier 2012 08 h 18

    5 cennes

    Fred le Plombier.

    - 5 cennes noires de la part de Séraphin Péladeau seront-elles suffisantes pour combler tous les patineurs indignés de la petite Agnelette Malette, Monsieur Régis Rapaille?