C'est la fin pour les indignés de Québec

Québec — Cette fois, c'est fini. Le maire Régis Labeaume a annoncé hier que la police expulserait les indignés qui campent au centre-ville de Québec cette semaine s'ils ne démantelaient pas leurs installations. De fait, l'expulsion a été déclenchée ce matin, à l'aube.

Le relationniste de la Ville de Québec, Jacques Perron, a expliqué que l'évacuation s'est faite dans l'ordre, sans résistance, et qu'aucune arrestation n'avait été nécessaire. Moins d'une dizaine d'indignés avaient passé la nuit sur place.
 
Des cols bleus de la Ville de Québec ont retiré les tentes, bannières, équipements de camping et autres objets implantés il y a quelques semaines par les protestataires. Leur tâche s'est accomplie sous la surveillance de pompiers et d'agents du Service de police de la Ville de Québec.

Avertissement du maire

«C'est terminé, ça suffit, a dit le maire avant le conseil municipal hier soir. On leur demande de quitter maintenant. [...] C'est très sérieux, sinon ils seront expulsés d'une journée à l'autre.»

Pour justifier ce changement de cap, le maire a dit que le «niveau de patience» de la Ville avait été atteint et que les indignés occupaient le site depuis «plus d'un mois». Selon lui, le campement de Québec est devenu problématique parce qu'il est touché par les mêmes problèmes que celui de Montréal. Des itinérants notamment, auraient élu domicile sur le site, a-t-il avancé. «Ce qui se passe à Montréal, on n'a pas toutes les preuves, mais, visiblement, il s'en passe des pareilles ici.»

Prié de dire à quels problèmes il faisait référence en plus de la présence des itinérants, le maire est resté vague, mais a ajouté plus tard que les occupants «[allaient] être malades, c'est évident».

Invités à réagir à ces propos, des indignés présents au conseil municipal ont dit qu'ils n'étaient pas au courant de cette décision. Joint au téléphone, un porte-parole, Nicolas Mantran, a reconnu que des itinérants s'étaient installés sur le site, mais dit que les occupants n'y voyaient pas de problème. «Oui, c'est normal qu'on attire les itinérants. Ça ne nous dérange pas. On veut aussi dénoncer la misère sociale. Quand on dit qu'on est les 99 %, c'est ça aussi.»

Selon M. Mantran, personne sur le site ne souhaite qu'une éventuelle expulsion se fasse dans la violence, et les occupants s'en tiendront à «une résistance passive».

Pour l'heure, le groupe n'a pas l'intention de quitter le site, mais, déjà, on parle de tenir des activités dans le sous-sol de l'église Saint-Roch à proximité. «On va développer plusieurs noyaux à l'extérieur du centre, mais on va rester dans le centre le plus longtemps possible, a-t-il dit. Même si on se fait expulser, au final, y a un réseau de créé.» Dans un communiqué, le collectif a officiellement convié le public à participer cette semaine à des discussions sur les rapports entre les médias et Occupons Québec, l'histoire du quartier Saint-Roch, le transport alternatif et la démocratie et des «boussoles» pour sortir du «tout au PIB».

Au début du mois, le maire avait convoqué les médias pour demander au groupe d'indignés qui campaient dans le parc Saint-Roch de démanteler leurs installations. Sans parler d'expulsion, il les avait priés de s'exécuter dans les heures qui suivaient.

Même si le groupe avait refusé de le faire, la ville s'était contentée de confisquer et de détruire du matériel lors d'interventions quotidiennes sur le site.
5 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 22 novembre 2011 08 h 56

    La fin?

    L'indignation, j'espère que non; la méthode actuelle, j'espère que oui. Des manifestations ponctuelles aux heures où il n'y a pas que ceux qui n'étudient pas ou qui ne travaillent pas qui peuvent participer.
    Mais surtout, pendant les campagnes électorales et le jour des élections.

  • Yvon Bureau - Abonné 22 novembre 2011 09 h 00

    Occupons autrement

    Occuper une place publique, ce n'est pas un but, mais un moyen pour message, une valeur à naître, à être reconnu. Ne pas trouver autres moyens serait une pauvreté de trouvailles.

    Un autre moyen à la disposition du Maire : une rencontre mensuelle où indignée et les grands de la Finance, de la Bourserie, de la Banquerie se rencontrent, se parle, s’’écoutent et S’ENTENDENT..

    Une personne à inviter et à entendre : Claude Béland. Il a cette capacité à s'indigner ET à se digner. Sagesse. La sagesse est dans le ET et dans le D'un autre côté.

    L’Abbé Pierre a dit ceci. Nous avons deux yeux, l'un pour s'indigner, l'autre pour s'émerveiller (se digner). Le Courage ? Garder les deux yeux bien ouverts.

    Occupons notre message, par des valeurs intensément vécues au quotidien, dans une cohérence valeurs choisies-actions faites.

  • André Michaud - Inscrit 22 novembre 2011 11 h 00

    Mode solution ?

    Fini le chialage!

    Que ceux qui ont quelque chose de réaliste à proposer le disent, sinon qu'ils continuent leur placottage totalement stérile ailleurs...comme les sous-sol d'église..un endroit parfait pour les voeux pieux et rêver du ciel.

    Une poignée d'égocentriques avec chacun leur trip utopique et qui refusent de s'entendre entre eux pour une une deux revendications réalistes pour faire avancer les choses...pathétique!

  • jocelync - Inscrit 22 novembre 2011 11 h 21

    L'argent public, ça sert entre autre à réprimer les inacceptables contestations.

    Que les contestations des administrations publiques exaspère ses représentants, ça ne fait pas de doute.
    Que l'on utilise les fonctionnaires du système judiciaire pour s'extraire cette épine du pied alors qu'aucun crime n'a été commis, nous donne une petite idée de la puissance de ces administrations.
    J'imagine qu'à l'inverse, un mouvement d'admirateurs d'administrateurs publics devrait être facilement subventionnable.
    Aussi, comme seul le système judiciaire a le droit de définir ce qu'est ou non la corruption publique, fini ce petit groupe de marginaux qui s'indigne pour rien de toute façon.

  • Hemoglobin - Abonnée 22 novembre 2011 11 h 47

    @André Michaud

    Vous avez écrit :
    "Que ceux qui ont quelque chose de réaliste à proposer le disent, sinon qu'ils continuent leur placottage totalement stérile ailleurs [...]
    Une poignée d'égocentriques avec chacun leur trip utopique et qui refusent de s'entendre entre eux pour une une deux revendications réalistes pour faire avancer les choses...pathétique!"

    On dirait que vous parlez de l'Assemblée Nationale et non pas d'un rassemblement de gens qui tentent activement de s'entendre et de définir collectivement le monde dans lequel ils aimeraient évoluer. En fait, le mouvement des Indignés ne cherche pas un amendement à une loi particulière ou une promesse électorale visant un groupe d'intérêt. Il faut un changement en profondeur, un changement de vision. Il faut un monde où l'être humain est au centre des préoccupations et non pas le mouvement de petits billets de papier.

    Ce qui est pathétique, M. Michaud, c'est que le mouvement vous y inclus mais vous choisissez de vous en exclure sous prétexte qu'il y a des gens qui ne s'entendent pas. Je devine que vous ne participez donc pas à notre système politique actuel car c'est le summum de la discorde.

    Ce qui pathétique, M. Michaud, c'est que le mouvement vous propose de vous ouvrir les yeux au non-sens et l'injustice du système financier actuel et vous persister à croire à un modèle qui survit sur la dette sans fond et cette notion de croissance infinie.

    Ce qui est pathétique, c'est qu'enfin il y a des gens qui se lèvent pour dire que cela n'a pas de sens, que c'est irréaliste, que c'est pathétique et vous vous défendez le même système qui vous garde esclave de votre salaire, de vos bébelles, de vos dettes. Votre monde tourne autour de ces choses, est dicté par ces choses et vous ne le voyez pas.

    Ce qui pathétique c'est que l'expérience humaine devrait être construite autour de rêves et d'utopies car "rêver, c'est informer l'avenir"