Malgré l'ultimatum, les indignés de Québec refusent de quitter

Lors d’une assemblée tenue dans un abri de fortune sur la place de l’Université-du-Québec, les occupants ont massivement choisi de défier le maire et de demeurer sur place.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Lors d’une assemblée tenue dans un abri de fortune sur la place de l’Université-du-Québec, les occupants ont massivement choisi de défier le maire et de demeurer sur place.

Québec — Les quelques dizaines d’«indignés» de Québec n’ont pas l’intention de plier bagages malgré l’ultimatum lancé aujourd'hui par le maire Régis Labeaume.

Lors d’une assemblée tenue dans un abri de fortune sur la place de l’Université-du-Québec, les occupants ont massivement choisi de défier le maire et de demeurer sur place.

«À l’unanimité, on a décidé de rester ici parce que nous faisons partie d’un mouvement extraordinaire qui s’étend partout à travers le monde», a indiqué aux médias l’un des militants, Benjamin Cliche.

«Ici, c’est un lieu où des citoyens du monde, cultivés, qui travaillent et qui ont des familles, viennent exprimer leur indignation face au système actuel», a-t-il ajouté.

Le maire Labeaume a accordé quelques heures ce matin aux «indignés» pour qu’ils retirent la quarantaine de tentes montées sur les lieux, à défaut de quoi les services de police et d’incendie seront appelés à intervenir.

Pour justifier l’expulsion, l’administration municipale a invoqué des raisons de sécurité, notamment en regard des risques d’incendie reliés aux foyers à ciel ouvert, aux rallonges électriques et aux bonbonnes de propane installées ici et là.

Un début d’incendie mardi matin dans l’une des tentes installées sur place pourrait expliquer la volte-face du maire qui s’était pourtant jusqu’ici montré sympathique aux manifestants.

Déterminés à poursuivre leur occupation, les «indignés» se disent néanmoins prêts à revoir l’aménagement du site de façon à accroître la sécurité des lieux.

«On ne veut pas qu’il y ait de feu, tout le monde veut assurer sa sécurité. On dit à la Ville et aux pompiers: venez et dites-nous si c’est sécuritaire et si ça ne l’est pas, on va tout changer» ce qui fait défaut, a dit Benjamin Cliche.

La Ville de Québec doit déterminer en début de soirée la suite à donner aux événements.

Selon le porte-parole Jacques Perron, les occupants ont eu amplement l’occasion ces 15 derniers jours de faire entendre leur message. «On ne veut pas les empêcher de protester, bien au contraire, on partage en partie leurs doléances. Ils peuvent manifester mais on leur dit de cesser d’occuper le site de façon permanente», a-t-il fait valoir.

M. Perron est resté discret sur les mesures qu’entendent prendre les autorités maintenant que les militants ont choisi de poursuivre leur occupation. Pour l’instant, la manière forte semble exclue.

«On ne veut pas en faire des martyres, on ne va pas "varger" dedans. On souhaite qu’ils comprennent notre position», a dit le porte-parole.
14 commentaires
  • Henry Fleury - Inscrit 3 novembre 2011 11 h 38

    Par ici la sortie... de secours

    Il n'y a franchement pas d'amphithéâtre à bâtir là-dessus, le maire Labeaume ayant démontré déjà sa profonde considération auprès du simple monde, lui qui cherche plutôt à fonder son empire auprès des plus grands (c'est le malheur des petits). Non ce qu'il y a de plus étonnant, c'est le temps que le campement des indignés a pu demeurer en place. À Montréal, curieusement, le Service des incendies a tout de suite collaboré avec les indignés pour les aider à corriger les problèmes de sécurité et tout se déroule parfaitement dans l'ordre. Pourquoi pas à Québec ?

  • celljack - Inscrit 3 novembre 2011 13 h 03

    Le dictateur sympathique et la plèbe complaisante

    Les pas de colonne de Québec se font bien avoir.

    Il suffit de commander "un rapport incluant telle conclusion", du service de protection incendie "de la Ville" pour "la ville" pour que le Badabeaume réussisse encore une fois à contourner les lois.

    Y'a pas un juriste qui va se lever pour dénoncer ce stratagème?

    Il est bon la dedans Badabeaume, un vrai pro.

  • André Michaud - Inscrit 3 novembre 2011 13 h 07

    danger public et favoritisme

    Les parcs ne sont pas des endroits pour camper. Déjà il a eu un incendie près de des bombonnes de gaz...l'installation électrique est aussi dangereuse... ce serait très irresponsable de la ville de prendre plus de risques...Il ne faut pas attendre de tristes événements..

    Si vous et moi voulions camper sur une place publique, ce ne serait pas long que la police viendrait nous rappeler le règlement municipal.. Ces gens devront trouver un autre endroit pour leur trip communautaire...dans une église peut-être...???

  • Henry Fleury - Inscrit 3 novembre 2011 14 h 09

    Oups !

    Il ne faut pas croire que ces gens-là s'adonnent à du camping de plaisir dans des parcs publics dans le seul but de s'offrir un trip communautaire. Il s'agirait plutôt ici d'un mouvement de révolte mondiale pour dénoncer les injustices sociales, les abus de pouvoir, l'enrichissement des plus riches sur le dos des plus pauvres, la corruption généralisée des États développés, la faillite annoncée de notre planète qui s'aligne vitesse grand V vers un futur catastrophique et sans lendemain. Non, il faut seulement reconnaître leur cran, leur courage à ces gens-là qui vivent dans des conditions difficiles pour clamer leurs droits, les défendre surtout, contre vents et matraques, et rappeler un sens à la vie humaine pour tout le monde. Non, c'est pas du plaisir qu'on cherche ici, c'est de la dignité !

  • victoriavilleman - Inscrit 3 novembre 2011 15 h 07

    Voici comment ça fonctionne

    On peut se faire pousser dans la george pleins d'événements qui prennent place dans des endroits bien public tels que: La fin de semaine de la F-1, de NASCAR, plein de festivals etc etc. Pourtant le bruit, l'accumulation de déchets, de comportements questionnable de la part de certains durant ces événements etc.

    Mais quand ce sont des indignés, gens de moindre moyens, on invoque des moyens et inconvenients qui pourtant pourraient aussi des fois s'appliquer aux autres événements, qui pour la pluspart, sont convoités par ce que plusieurs appellent L'ÉLITE.

    C'est triste, mais c'est comme ça!

    Si le peuple n'aime pas cela, qu'il s'affirme c'est tout.

    Mais comme trop peu ne sont de toutes évidences touché par les effets pervers globaux des crises et gestions financières, du manque d'éthique dans l'administration des gouvernements, de la corruption de la collusion, et bien.....qu'on paye et qu'on se la ferme...