La ville de Québec liée à Quebecor pour au moins 25 ans

Québec – L’entente finale conclue entre la ville de Québec et Quebecor sur la gestion de l’amphithéâtre lie les destins des deux partenaires pour un minimum de 25 années avec possibilité de quarante.

«Le rêve devient réalité», a déclaré hier matin le maire de Québec Régis Labeaume quelques heures avant de soumettre l’entente au vote du conseil municipal. 
 
Le document ne contient pas de modifications majeures par rapport à l’entente préliminaire qui avait été présentée en mars dernier. Il prévoit toujours le versement par Quebecor de 63,5 millions $ pour les droits de gestion de l’amphithéâtre si le projet d’attirer une équipe de la Ligue nationale de hockey se réalise et le paiement de 33 millions s’il échoue.
 
Les deux parties maintiennent aussi le paiement d’un loyer annuel oscillant entre 2,5 et 5,5 millions $ selon les années et les scénarios. 
 
À long terme

Le seul ajout notable selon le maire réside dans la conclusion d’un contrat «ferme» sur 25 ans qui force Quebecor à s’engager à long terme vis-à-vis de la ville de Québec. «Quand les Nordiques sont partis de Québec, on est restés le bec à l’eau avec l’amphithéâtre à entretenir», a-t-il rappelé avant d’ajouter que dans l’éventualité improbable où Quebecor achèterait une équipe et décidait de la revendre après dix ans, il devrait quand même continuer à payer un loyer à la ville pendant 15 ans. «C’est un incitatif à ne pas partir, il n’y a pas de porte de sortie pour Quebecor», a-t-il ajouté.
 
L’entente ouvre en outre la porte au prolongement de la convention jusqu’à 40 ans mais pas davantage. Elle prévoit qu’après 25 ans, Quebecor pourra solliciter une période de prolongation à chaque tranche de cinq ans. 
À la demande de l’entreprise, la gestion de l’amphithéâtre sera assurée par un organisme à but non lucratif (la «corporation de gestion de l’amphithéâtre») qui sera entièrement contrôlée par l’entreprise. Selon ce qu’a expliqué hier l’un des négociateurs de la ville, aucun représentant de la municipalité ne siégerait sur son conseil d’administration. 
 
Hier, les élus de l’opposition ont surtout reproché à la formule choisie de donner trop de marge de manœuvre à l’entreprise. Les conseillers Jean Guilbault et Yvon Bussières ont dit craindre que l’entreprise ou l’OBNL qui la représentera ne manipulent les chiffres de façon à minimiser le pourcentage des profits dus à la ville par exemple.
 
De son côté, le maire a martelé que la ville avait obtenu le maximum de son partenaire. «Manifestement, Quebecor ne pouvait offrir plus aux Québécois», a-t-il dit dans son discours. 
8 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 6 septembre 2011 15 h 29

    Bravo, monsieur Péladeau

    Vous êtes vraiment habile.

  • Pier-Luc Theberge - Inscrit 6 septembre 2011 15 h 39

    Calculs

    63,5 M$ en loyer pour 25 ans, 400 M$ pour la construction, il faudrait donc 158 ans pour arriver kif-kif avec les coûts de construction?

  • Jean-Francois Cantin - Inscrit 6 septembre 2011 16 h 21

    Porte de sortie

    "À la demande de l’entreprise, la gestion de l’amphithéâtre sera assurée par un organisme à but non lucratif (la «corporation de gestion de l’amphithéâtre») qui sera entièrement contrôlée par l’entreprise."

    Ça donne une marge de manœuvre extraordinaire à l'entreprise.

    Selon moi, il ne fait aucun doute que Quebecor a de meilleurs négociateurs que la ville de Québec ainsi que de meilleurs stratèges.

  • eric turenne - Inscrit 6 septembre 2011 20 h 29

    Zarahoustra

    Ainsi parlait-il

  • Serge Bouchard - Abonné 6 septembre 2011 20 h 44

    Le club

    Québec veut un club à tout prix, Québécor est le seul ici à vouloir et à pouvoir lui en amener un. Qui a alors le gros bout du bâton ?