Fête de la Saint-Jean à Québec - Opération délicate contre les «fêtards»

Québec — À quelques jours des célébrations de la Saint-Jean, la police de Québec a cherché à se montrer la plus rassurante possible quant aux conséquences des restrictions à la consommation d'alcool sur le déroulement de la fête.

Le chef de police Serge Belisle a notamment dû répliquer hier aux propos du président de la Fraternité des policiers, Bernard Lehré, qui a déclaré dans les médias que certains de ses membres n'étaient pas prêts pour les célébrations du 23 juin et ne savaient pas encore comment ils devaient «agir» à l'endroit des fêtards.

Devant les journalistes, M. Belisle a dit qu'il y avait «peut-être» quelques policiers qui se «posaient des questions», mais a répété que tout allait bien et que son personnel se préparait «depuis plus d'un an» aux changements apportés à la Fête nationale.

En point de presse en fin de journée, le maire de Québec, Régis Labeaume, a été moins nuancé et il a accusé M. Lehré de sacrifier son sens du devoir à des stratégies syndicales.

La Ville, a-t-il répété, n'avait pas le choix de sévir. «Ça fait dix ans qu'on aurait dû serrer la vis. On les a tous les rapports. S'ils n'ont pas serré la vis, c'est qu'ils avaient peur de déplaire au monde. Mais à un moment donné, il faut déplaire.»

Scepticisme

Contrairement aux années passées, les policiers ne laisseront plus les fêtards apporter de l'alcool sur le site des célébrations. Pour s'assurer du respect des règles, le maire a demandé que tous les effectifs du service de police soient mobilisés le soir du 23, une première dans la capitale pour cette soirée.

Cette décision suscite beaucoup de scepticisme dans la capitale. Hier encore, au conseil municipal, un citoyen est venu demander au maire s'il ne risquait pas ainsi de mettre de l'huile sur le feu, et d'en arriver à des débordements, soit le contraire du but recherché. Exaspéré, le maire a dit que la fête était de plus en plus dangereuse. «Il y a eu deux agressions à main armée l'an dernier», a-t-il lancé. «C'est comme s'il y avait une espèce d'Apocalypse parce qu'on peut plus apporter sa caisse de 24 sur la Grande Allée!»

Un message difficile à faire passer

Le dossier de la Fête nationale pose un beau défi de communications aux autorités qui doivent à la fois faire baisser la pression sur l'événement tout en évoquant des menaces pour justifier leur décision de restreindre les comportements des fêtards.

Hier, l'adjoint du chef de police, Michel Desgagnés a refusé d'utiliser le terme «périmètre de sécurité» trop associé au Sommet des Amériques pour qualifier la zone des festivités dont les entrées seront contrôlées pour empêcher les gens d'apporter leurs consommations.

Préférant parler d'une «zone festive», il a expliqué que les gens qui se présenteraient avec de l'alcool à l'entrée se feraient prier «d'en disposer» par les policiers ou de rebrousser chemin. Le mot d'ordre aux policiers, répète-t-on à la ville, est d'être «cool».

Le Service de police de la ville de Québec semble par ailleurs peu inquiété par la menace des gangs de rue et la circulation d'armes évoquées à répétition par le maire de Québec pour justifier le resserrement des règles le 23 juin.

Interrogé à ce propos, le chef Belisle a dit que les gangs de rues ne posaient pas de problème «spécifique» le soir de la Saint-Jean.

La principale source d'inquiétude de la police, a-t-il expliqué, est la présence — sur Grande Allée notamment — d'attroupements si denses que les services d'urgence ne sont pas capables d'intervenir lorsque c'est nécessaire.

Malgré ces explications, les médias ont de nouveau été convoqués à un point de presse sur le sujet aujourd'hui. On dévoilera alors notamment les limites exactes de la «zone festive».
16 commentaires
  • Assez merci - Inscrit 21 juin 2011 02 h 42

    Et vouss les biens pensant?

    Un seule journée dans l`année ou la jeunesse peut se laissée aller en fêtant parfois démesurément.
    Qui a t-il de mal à apporter une caisse de 12 à une fête, la partaf
    ger avec ses voisins ou amis en écoutant un bon spectacle?

    Pas beau à voir pour les biens pensants eux qui se saoul à la maison ou au resto entre amis et qui se cachent pour v... près de la toilette.
    Es-ce plus beau ou admisible?
    Que l`on intervienne plustôt pour écarter les plus bruyants du groupe humainement!
    Et laisser la fête se dérouler comme bon lui semble à cette jeunesse une fois l`an
    Déjà, boire et conduire est interdit alors laisez leur au moins un parc pour se défouler une fois l`an!

    J`ai déjà été jeune moi aussi et pas vous les biens pensants!

  • Claude Desjardins - Inscrit 21 juin 2011 06 h 58

    Déplaisant

    « Mais à un moment donné, il faut déplaire.»

    Merci M. le maire! Vous avez réussi à me déplaire. Je vais siroter raisonnablement ma bière sur les lieux des festivités du festival Juste pour Rire de Montréal cette année.

  • Claude L - Inscrit 21 juin 2011 07 h 38

    Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres.

    La police est là pour que les autres, n'ait pas à subir les désagréabilités des intoxiqués, qui ne savent comment se comporter.

    Bien oui la police va être là, car le monde ne sait pas comment prendre soin de l'autre. Elle aiment mieux laisser faire, appeler la police ou chialer après coup.

    Maintenant plus personne n'aura le droit d'apporter de consommation, à cause de quelques uns.


    C'est pitoyable.

  • Marc L - Abonné 21 juin 2011 08 h 07

    Le règne de la rectitude politique

    À force de vouloir tout rentrer dans les limites de "l'acceptable" selon les normes étroites du bon goût de matantes un peu coincées, nous risquons de changer l'esprit de la fête qui imprégnait la St-Jean en esprit de frustration et de révolte. Comment pensez-vous que des policiers peuvent avoir l'air "cool" en faisant respecter une interdiction totale d'alcool dans un lieu où, en théorie, c'est la fête ? Devrait-on aussi interdire les artistes, auteurs de chansons aux paroles un peu trop provocantes, au profit d'autres personnes dont les œuvres, plus platement insipides mais adaptées à une société imprégnée de rectitude politique, ne risquent pas de choquer le "bon goût" ?

    Avec de telles directives, nous risquons de transformer la fête nationale en un "platte" discours officiel de directrice de bureau qui doit célébrer l'atteinte de ses objectifs qui, par ailleurs, ont été fixés par de hauts fonctionnaires totalement ignorants de la réalité du terrain... Tout un "party" en perspective !

  • Charles F. * Doublon M.c. * Labrecque - Inscrit 21 juin 2011 08 h 18

    Attention

    Je crois que les autorités de la ville de Québec envoient un bien mauvais message aux jeunes québécois. Ces nouveaux jeunes étant plus futés que ces bons vieux, auront tout le loisir de se rire d'eux en ce procurant sans limite des drogues disponibles partout. Il ont vite compris qu'une caisse de 24 c'est encombrant mais de petites jujubes se cachent facilement dans les poches et hop la galère.
    N'y aurait-il pas des moyens plus efficaces pour enrailler ce fléau chez nos jeunes québécois en leur proposant des activités plus intelligentes. Peut-être si on se donnait la peine. Souvenons-nous qu'un jour, St-jean-Batiste perdit la tête.