Québec - Une Saint-Jean moins arrosée

Québec — La Ville de Québec veut en finir avec les traditionnelles beuveries de la Saint-Jean-Baptiste. Dès cette année, ses policiers seront plus présents au centre-ville et la consommation d'alcool sera limitée à l'achat de boissons sur place.

«Les gens ne pourront plus arriver avec leur caisse de douze en dessous du bras, aller s'asseoir sur le trottoir de la Grande-Allée et la vider», a résumé hier le maire de Québec, Régis Labeaume.

Pour la première fois cette année, tous les policiers de la ville seront mobilisés le soir du 23 juin. La consommation d'alcool ne sera tolérée que sur les sites des célébrations, et des postes de contrôle s'ajouteront pour empêcher les gens d'apporter leurs boissons sur place.

On savait déjà l'administration Labeaume préoccupée par les risques de dérapage lors de la Fête nationale. Le maire avait même envisagé de déplacer le site de la fête à l'autre bout de la ville, loin des Plaines, avant de se raviser.

Le virage entamé l'an dernier vise à faire de la Saint-Jean une fête «normale». D'ailleurs, pour faire comprendre à la population les changements apportés cette année, on répétait hier que désormais les mêmes règles que lors du Red Bull Crashed Ice ou du Festival d'été s'appliquent.

Pourquoi maintenant? Parce que Québec s'expose à de nouvelles menaces, plaide le maire. La Ville a commandé un rapport à un expert en gestion des risques, François Pagé, et ses conclusions sont inquiétantes. Le contenu du rapport n'a pas été rendu public, mais le maire répète en le citant que la Saint-Jean attire désormais «des gangs de rue de Montréal» et des «gens armés».

Contrairement à ce qu'on voyait au cours des années 1990, la Fête nationale n'a pas donné lieu ces dernières années à des incidents graves, mais la Ville estime que ce n'est qu'une question de temps. «On est rendus à un point où, en termes de foule, il suffit d'une étincelle pour que ça éclate», a-t-il dit hier. Les services de police s'inquiètent notamment des attroupements qui se forment sur la Grande-Allée et de la difficulté d'intervenir sur les lieux en cas d'urgence.

Parlant d'une année «test», le maire se dit déjà prêt à prendre d'autres moyens l'an prochain si les comportements ne changent pas. Il envisage notamment de déplacer les célébrations de la Saint-Jean le même soir qu'à Montréal, soit le 24.

Une cote Moody's

Dans un tout autre ordre d'idées, la Ville a fait savoir hier qu'elle avait obtenu sa première cote de crédit Moody's et que ses résultats étaient bons. Québec a en effet obtenu la cote de Aa2, ce qui signifie qu'elle a une «capacité très élevée de payer les intérêts» sur ses prêts.

Le niveau Aa2 est le troisième de la hiérarchie des cotes Moody's. C'est aussi bien que Montréal, mais moins bien que Toronto (Aa1) et d'autres villes canadiennes. La différence vient surtout du fait que les municipalités du reste du Canada ont tendance à payer leurs infrastructures en argent comptant plutôt que de s'endetter.

La Ville a dû débourser 21 000 $ pour obtenir l'analyse de l'agence Moody's, un investissement qu'elle juge très rentable puisqu'elle prévoit bénéficier de meilleurs taux d'intérêt grâce à cette mesure.
2 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 15 juin 2011 12 h 21

    Bein sûr,

    Et comme par hasard des vendeurs de bières à 5 piastres chacune seront présent sur le site, bien sûr. Regarder qui paye le joueur de flûte comme disent les Étatsuniens..

  • Charles F. * Doublon M.c. * Labrecque - Inscrit 15 juin 2011 17 h 07

    Une Idée...

    J'ai une bonne suggestion à offrir à la ville de Québec. Sachant que le bon maire Napoléon désir voir disparaître cette année la beuverie nationale déshonorante. Alors pourquoi ne pas inviter les nationalistes à se prosterner sur les plaines, pour assister aux funérailles du parti québécois. Après le sermons d'usage, tous seront invités à trinquer un bon vin consacré au nom de l'histoire du Québec.
    A la fin de la cérémonie la foule sera invitée à entamer l'hymne nationale de Raoul. .
    Prière de ne pas jeter vos mouchoirs de papier sur le terrain des plaines.