Sondage sur les intentions de vote à la mairie de Québec - Andrée Boucher devance largement Marc Bellemare

Andrée Boucher était aux anges, hier, à la suite de la publication d'un sondage qui lui accorde une importante avance sur son principal adversaire dans la course à la mairie de Québec. Pendant que l'ex-mairesse de Sainte-Foy récolte 39 % des intentions de vote, le chef de Vision Québec, Marc Bellemare, chute à 20 %.

«Je savais que j'avais des appuis, mais autant que ça, c'est surprenant», a confié hier Mme Boucher lors d'un entretien téléphonique. Entrée dans la course tardivement, sans équipe ni moyens, la candidate à la mairie ne s'est même pas donné la peine de poser des pancartes électorales dans les rues de Québec pour mousser sa candidature. Et la voilà propulsée au rang de favorite à cinq semaines du scrutin.

Si, selon un sondage réalisé par CROP pour le compte du Soleil et de Radio-Canada, Mme Boucher et M. Bellemare récoltent respectivement 39 % et 20 % des intentions de vote, Claude Larose, chef du Renouveau municipal (RMQ) et successeur de Jean-Paul L'Allier, recueille l'appui de 16 % des répondants contre 7 % pour le chef de l'Action civique (ACQ), Pierre-Michel Bouchard. Seize pour cent des répondants étaient indécis ou ont refusé de se prononcer. Le sondage a été effectué auprès de 408 personnes entre le 22 et le 27 septembre et il comporte une marge d'erreur de 5 %.

Il s'agit d'un revirement important puisqu'un sondage publié il y a moins de trois semaines par Léger Marketing accordait encore une légère avance à M. Bellemare. Depuis, Mme Boucher a gagné 13 points alors que son adversaire en a perdu sept. L'ex-mairesse jubilait hier devant la tournure des événements: «C'est très flatteur, c'est très agréable, mais on ne peut jamais crier victoire avant le jour des élections.»

Après mûre réflexion, Andrée Boucher avait annoncé, le 8 septembre dernier, son intention de briguer la mairie de Québec à titre d'indépendante. Elle croit aujourd'hui que sa décision de se lancer seule dans la mêlée est devenue un avantage et que sa notoriété lui permettait de le faire. «Les gens peuvent être d'accord ou non avec mon opinion, mais ils ont la certitude que j'en ai une et que je ne me fais pas souffler dans l'oreille quoi dire et quoi penser par un faiseur d'images», explique-t-elle.

Si elle détient de nombreux appuis en banlieue, soit 44 % des intentions de vote, elle est maintenant légèrement plus populaire que ses adversaires dans les quartiers centraux avec un score de 31 % contre 25 % pour M. Bellemare et 23 % pour M. Larose.

Malgré ces résultats, Marc Bellemare n'entend pas changer sa stratégie de campagne. «Sur le terrain, ce n'est pas le son de cloche qu'on nous donne. Nos candidats nous disent que le porte-à-porte va bien et nos équipes d'arrondissement nous disent que la réception est bonne», indique son attaché de presse, Frédéric Baril.

Pour sa part, Claude Larose croit que la dégringolade de M. Bellemare lui sera favorable. «On avait prédit que la balloune de M. Bellemare se dégonflerait et c'est ce qui arrive. Je pense qu'il est en chute libre et qu'il n'a pas de parachute. Ça va nous permettre de passer en deuxième place et de faire la campagne, pendant les cinq dernières semaines, avec, comme adversaire principale, Mme Boucher.» Il demeure toutefois convaincu que l'élection de la candidate indépendante au poste de mairesse poserait un «risque majeur de paralysie de la ville de Québec».