Opposition au projet de technopole de la santé éclatée

Le conseiller municipal de l'opposition Robert Laramée s'insurge contre les intentions de l'administration Tremblay de promouvoir une technopole de la santé sur cinq sites, une stratégie qui risque d'affaiblir le centre-ville, estime-t-il.

«Il faut que tous les décideurs politiques soient honnêtes et ne se cachent pas derrière des études bidons menant tout simplement à faire la promotion de leur vision de développement pour Outremont», a dit hier M. Laramée par voie de communiqué.

Le conseiller du district de Saint-Jacques, qui fait partie de l'équipe de Pierre Bourque, a demandé l'arrêt immédiat de l'appel d'offres lancé le 28 juillet dernier par Montréal International pour obtenir une étude sur la stratégie à adopter pour mettre en place une «grappe multipolaire». Depuis trois jours, Montréal International n'a formulé aucun commentaire ni explication sur ses intentions.

M. Laramée n'est pas seul à se montrer inquiet. L'aspirant maire de l'arrondissement, Benoît Labonté, bien qu'il soit membre de l'équipe de Gérald Tremblay, se montre fort critique quant au risque que les fonds publics soient dispersés avec une telle stratégie.

Au cabinet du ministre de la Santé, Philippe Couillard, on se montre prudent. Si Québec s'est montré favorable au concept de technopole dans la foulée du débat de l'hiver dernier sur l'emplacement de l'implantation du CHUM, cela ne signifie en rien qu'il accorde son appui à une formule plutôt qu'à une autre.

«On n'a pas à être pour ou contre pour l'instant. La technopole existe déjà», a indiqué hier l'attachée de presse du ministre Couillard, Cathy Rouleau.

Cette dernière a toutefois reconnu qu'il était dans l'intérêt du ministère de suivre de près l'évolution du dossier, en siégeant au comité de pilotage mis en place pour superviser l'étude. «En participant aux travaux de Montréal International, on s'achète une place pour voir ce qui se passe et comment ça va tourner. [...] Dans l'avenir, pour les nouvelles infrastructures, est-ce que le gouvernement va identifier un site privilégié? On n'est pas rendu là», a ajouté Mme Rouleau.

Par ailleurs, le directeur exécutif pour la réalisation des hôpitaux universitaires à Montréal, Clermont Gignac, a également le mandat d'examiner les projets de technopole. Il doit également faire des recommandations au ministre Couillard sur ce dossier.