Audiences sur le projet de construction de l'autoroute 25 - Le CRE de Laval restera silencieux

Le Conseil régional de l'environnement de Laval ne déposera pas de mémoire sur le projet d'autoroute 25 devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), dont la deuxième phase des travaux commencera le 13 juin.

En effet, même si une majorité de cinq membres contre quatre s'est dégagée mercredi soir au sein de son conseil d'administration, a appris Le Devoir de sources bien informées, cette majorité d'une voix était trop mince pour que soit approuvé le mémoire préparé pour fins d'approbation. La réglementation du CRE, un organisme de concertation, stipule en effet qu'il faut une majorité absolue des membres du conseil, soit sept voix, pour qu'une décision de cette nature soit approuvée.

Cette impasse, qui traduit à sa façon la division des Lavallois sur la question de l'autoroute 25, était d'autant plus inévitable que la Ville de Laval ainsi que la section locale de l'UPA, toutes deux favorables au projet autoroutier, sont membres du conseil du CRE. On y retrouve aussi une entreprise locale, le Groupe Rousseau-Lefebvre.

Pas de lien

Le Devoir a aussi appris que la représentante du Département de santé publique (DSP) au sein du CRE, la Dr Lise Laplante, a soutenu que rien ne permet d'établir un lien de cause à effet entre une éventuelle augmentation de la circulation automobile et les problèmes de santé, un des principaux éléments qui justifiaient, selon le projet de mémoire, l'abandon du projet autoroutier.

On se souviendra que durant la première partie des audiences, le DSP de Montréal avait soutenu devant le BAPE qu'à l'échelle internationale, toutes les études pointaient en direction de l'existence d'un lien causal entre la circulation automobile et plusieurs volets de la santé, de l'augmentation du nombre d'accidents aux problèmes cardiaques. Ces constats scientifiques justifiaient, selon les autorités médicales de Montréal, qu'on applique le principe de précaution au dossier de l'autoroute 25 et qu'on rejette le projet parce qu'il favorisera l'étalement urbain et une motorisation accrue.

Le projet de mémoire du CRE, qui soulignait de nombreux impacts biophysiques négatifs sur les milieux naturels lavallois, risque fort d'être maintenant défendu par les forces écologiques lavalloises, qui n'auront plus à tenir compte, à l'extérieur du CRE, des amendements que la Ville de Laval et ses alliés ont obtenus au cours des discussions de mercredi soir. Ils pourraient bien aussi se regrouper pour présenter une position commune, indépendamment du CRE, qui pourrait donner aux commissaires du BAPE une idée très précise de l'analyse que cet organisme avait préparée mais qu'il n'a pas pu faire autoriser.

Le CRE concluait que, malgré les avantages économiques du projet de l'autoroute 25, les impacts négatifs sur la santé et l'environnement empêchaient cet organisme de l'appuyer. Il préconisait donc plutôt une stratégie visant à contrer l'étalement urbain et à mettre en place des solutions structurantes moins dommageables pour l'environnement, comme la mise en service du train liant Mascouche à Montréal, une politique musclée de covoiturage sur toutes les routes et tous les ponts actuels pour les désengorger, le développement de trains express entre les deux rives, la multiplication des parcs de stationnement incitatif et la limitation du passage des camions à des moments précis de la journée.