Développement durable: Montréal établit ses objectifs

À moins de sept mois des élections municipales, l'administration de Gérald Tremblay multiplie les «projets verts». Lors d'une conférence de presse hier, la Ville a présenté son Plan stratégique de développement durable, un projet énumérant 38 actions qu'elle compte appliquer d'ici 2009 pour améliorer la qualité de vie des Montréalais.

Lancé à la suite du Sommet de Montréal de 2002, le plan vise à améliorer la qualité de l'air, à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la métropole et à inciter les institutions, les entreprises et les citoyens à adopter de meilleures pratiques de développement durable.

Une première série d'objectifs ont été proposés et ils seront réalisés d'ici 2006, promet Alan DeSousa, responsable du développement durable au comité exécutif. Ainsi, la Ville veut se montrer plus sévère à l'égard des automobilistes qui font tourner leur moteur au ralenti inutilement. Pour y arriver, elle modifiera sa réglementation afin de la rendre plus facile d'application par les policiers et les agents de stationnement. Elle entend également éliminer 2000 places de stationnement au centre-ville, réduire la circulation automobile sur les chemins Camilien-Houde et Remembrance, qui traversent le mont Royal, en réalisant, dès cet automne, une expérience-pilote. La Ville s'attaquera aussi au dossier de l'usage illicite de l'eau en mettant sur pied une unité d'inspection systématique des industries, commerces et institutions. Cette unité pourrait devenir permanente, indique-t-on.

À plus long terme, soit d'ici 2009, la Ville a défini 14 actions. Elle promet notamment d'offrir à tous les Montréalais, sauf ceux qui habitent dans des immeubles de huit logements ou moins, un service de collecte des résidus de table destinés au compostage. Elle se dotera d'un «Fonds vert» afin de financer les projets de développement durable développés par des groupes sans but lucratif. Et, afin d'assurer une plus grande quiétude aux Montréalais, elle adoptera également une nouvelle politique sur le bruit.

Alan DeSousa insiste: la Ville n'est pas le seul maître d'oeuvre de ce plan qui a été élaboré de concert avec 49 partenaires, dont des institutions, des entreprises et des groupes voués à la protection de l'environnement. Le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal a d'ailleurs pour mandat de définir des «indicateurs d'actions» et des «indicateurs de l'état de l'environnement». En d'autres mots, on mesurera de façon régulière l'effet des actions adoptées en calculant, pour ce qui est de la qualité de l'air par exemple, le nombre de jours où celle-ci est qualifiée de mauvaise ou en consultant les statistiques concernant le débit de la circulation sur les routes et les ponts et celles des déplacements en transports en commun.

La Ville a réservé un budget de 700 000 $ pour lancer le plan, mais M. DeSousa ne peut chiffrer le coût de toute l'opération car, dit-il, plusieurs projets seront financés à même les budgets de fonctionnement existants. À ceux qui qualifient d'ambitieux le plan de la Ville, Gérald Tremblay rétorque qu'au contraire, il est «modeste, mais réaliste». Il évoque l'effet domino qu'il pourrait provoquer et souhaite que les Montréalais contribuent, par de petits gestes, aux objectifs de développement durable. «C'est un investissement qui générera des bénéfices illimités alors que ne rien faire coûte cher», a-t-il répété hier.

Partenaire de la Ville dans ce projet, Michel Labrecque, président du conseil d'administration du CRE de Montréal, reconnaît que le plan de la Ville est susceptible d'éveiller un certain scepticisme. «On estime que le plan se tient et qu'il s'agit d'un bon démarrage. [...] Je pense que les conditions de succès sont là», dit-il.

Après le Plan de transport favorable aux transports en commun présenté il y a deux semaines, le projet de voies cyclables au centre-ville annoncé vendredi et le plan de développement durable d'hier, la Ville poursuivra sa campagne sur le même thème avec le dévoilement, ce matin, de son projet de politique de l'arbre.