Le train de banlieue se rendra jusqu'à Saint-Jérôme

Le ministère des Transports (MTQ) investira plus d'argent cette année dans les transports en commun de la région métropolitaine que dans le transport routier, mais une grande part de cette somme sera consacrée au prolongement du métro de Laval. Les 371 millions accordés au transport collectif permettront d'amorcer les travaux de prolongement jusqu'à Saint-Jérôme de la ligne de train de banlieue de Blainville.

Après avoir fait l'annonce, lundi, des investissements en matière de transports routiers pour l'ensemble du Québec, le ministre des Transports, Michel Després, a fait un arrêt à Montréal hier pour préciser la part qui sera consacrée localement.

Ainsi, la région métropolitaine comptera 150 chantiers routiers cette année, ce qui correspond à des investissements de 300 millions. En 2005, Québec consacrera 371 millions aux transports en commun, dont 186 millions pour le prolongement du métro de Laval et 49,1 millions pour l'amélioration des services de la ligne de train de banlieue de Blainville, y compris le prolongement de cette ligne jusqu'à Saint-Jérôme. L'Agence métropolitaine de transport (AMT) pourra ajouter une nouvelle rame à deux étages sur cette ligne et procéder à la rénovation de voitures âgées d'une trentaine d'années.

«À court terme, ces mesures vont beaucoup améliorer le service pour les clients», assure Manon Goudreault, porte-parole de l'AMT, qui précise que la capacité globale de cette ligne sera augmentée de 15 % aux heures de pointe. Quant au prolongement de la ligne du train de Blainville vers Saint-Jérôme, il nécessitera des travaux de reconstruction des infrastructures ferroviaires entre les deux municipalités ainsi que la construction d'une gare à Saint-Jérôme. L'ensemble du projet coûtera 17 millions et les travaux seront complétés à la fin de 2006.

Par ailleurs, les projets de ligne de trains vers Mascouche et Repentigny demeurent toujours à l'étude, mais le ministre Després promet de trouver une solution à ce sujet au cours de la prochaine année.

En conférence de presse hier, le ministre des Transports s'est dit conscient que les besoins en matière de transports en commun nécessiteraient des investissements de 4,6 milliards de dollars au cours des dix prochaines années. Il a également rappelé que son ministère examinait la mise en place d'un cadre financier de concert avec les municipalités et le gouvernement fédéral, qui inclura le partage des revenus de la taxe fédérale sur l'essence.

Claude Dauphin, responsable des transports au comité exécutif à la Ville de Montréal, s'est dit encouragé par les propos du ministre après trois ans de demandes répétées en faveur d'un meilleur financement du transport collectif. Mais il est moins enthousiaste à l'égard des intentions du MTQ concernant le prolongement de l'autoroute 25 et la construction d'un pont au-dessus de la rivière des Prairies.

Le ministre Després et son collègue Thomas Mulcair, titulaire du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, ont précisé hier que le dossier avait été transféré au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui mènera des consultations publiques d'ici le mois de juin. M. Mulcair n'en démord pas, ce projet de voie de contournement au nord de la métropole est essentiel pour limiter le nombre de camions qui transitent par l'île de Montréal et, du même coup, réduire la congestion sur l'île et les émissions de gaz à effet de serre. Les environnementalistes membres de la Coalition contre le prolongation de l'autoroute 25 trouvent ces arguments suspects et soupçonnent le gouvernement de vouloir aller de l'avant avec ce projet peu importe les conclusions du BAPE.

Par ailleurs, le ministre Després a assuré qu'une annonce était imminente concernant un plan de modernisation de la rue Notre-Dame qui saura rallier les vues discordantes du MTQ et de la Ville de Montréal. Mais Claude Dauphin nie qu'une entente soit intervenue entre les deux parties malgré les négociations intensives des dernières semaines. «Il n'y a pas d'entente. Moi, je n'ai rien vu sur papier de ce nouveau scénario et le maire non plus», a-t-il affirmé.