Jean-Paul L'Allier abandonnera la mairie de Québec

Québec — Après presque 16 ans passés à la mairie de Québec, Jean-Paul L'Allier a annoncé hier qu'il ne sollicitera pas un nouveau mandat aux élections de novembre 2005.

«Je préfère partir au moment où je me sens en bonne santé, politiquement. Je ne veux pas attendre que l'on me pousse dehors. C'est une coquetterie de ma part», a expliqué, non sans émotion, M. L'Allier, au cours d'une conférence de presse à l'hôtel de ville de Québec.

En réflexion depuis six mois sur son avenir politique, le maire L'Allier, élu sans interruption depuis 1989, en est venu à la conclusion «qu'il est temps de passer le relais».

«Il n'y a pas une raison unique, il y a une foule de facteurs, a-t-il dit. Avec ma femme, ma famille, mes proches, j'avais envie de faire en sorte que le moment où je quitte la politique soit un moment positif pour mon équipe, pour la population et pour la ville. Ce n'est pas un moment triste.»

Au terme de son quatrième mandat, l'an prochain, M. L'Allier passera à l'histoire comme étant le maire qui a occupé ses fonctions le plus longtemps dans l'histoire de la ville de Québec.

«J'aurais eu l'énergie nécessaire pour un cinquième mandat, [mais] j'ai vu faire M. Chrétien [Jean Chrétien] et je ne veux pas faire la même chose que lui», a mentionné, blagueur, celui qui aura 66 ans le mois prochain.

D'ici son départ, le maire entend consacrer toutes ses énergies à «bâtir» la ville nouvelle, issue de la fusion de 11 municipalités.

«Je ne suis pas en demi-vacances ou en demi-départ, a-t-il assuré. Je vais continuer, minute par minute, à construire cette ville [...] à faire en sorte que, dans son organisation, dans son administration, elle soit une ville en très bon état pour ceux qui suivront.»

Du reste, M. L'Allier n'entend d'aucune façon intervenir dans la course à la direction de son parti, le Renouveau municipal, qui se met en branle dès maintenant.

Il a aussi promis de se faire discret, une fois sa carrière politique terminée.

«Je n'ai pas l'intention de souffler dans le cou» de ceux qui prendront la relève, a fait valoir M. L'Allier.

Même s'il s'apprête à quitter la vie publique, le maire de Québec a précisé ne pas être à la recherche «d'une job» pour autant.

«Je peux vous dire que je n'animerai pas d'émission de radio», a-t-il ironisé, faisant allusion à l'ancienne mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher, qui a animé pendant quelque temps une tribune téléphonique dans une station de radio locale.

«Ce n'est pas mon métier et on ne s'improvise pas dans ce métier», a-t-il poursuivi, ne cherchant nullement à dissimuler la hargne qui l'anime au sujet de Mme Boucher, son adversaire défusionniste.

Si la création de la nouvelle ville de Québec est l'un des moments les plus heureux de la vie politique de Jean-Paul L'Allier, le scandale de la prostitution juvénile a été l'une des périodes les plus désagréables et humiliantes de sa carrière.

Jour après jour la cible d'insinuations, de rumeurs et de fabulations colportées par deux animateurs de radio locaux, le maire L'Allier avait même dû faire une sortie publique pour clamer son innocence.

«Un moment de merde!», a-t-il lancé sans ambages.