Caroline St-Hilaire fait une pause dans sa vie politique

Mairesse de Longueuil depuis 2009, Caroline St-Hilaire s’est dite satisfaite d’avoir pu remettre de l’ordre dans les finances publiques de la Ville et de l’agglomération.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Mairesse de Longueuil depuis 2009, Caroline St-Hilaire s’est dite satisfaite d’avoir pu remettre de l’ordre dans les finances publiques de la Ville et de l’agglomération.

Caroline St-Hilaire n’a plus à soutenir les regards sceptiques de ses homologues masculins, à subir les insultes, les sous-entendus. Vingt ans après son entrée en politique active, la mairesse de Longueuil, qui a annoncé mercredi qu’elle ne serait pas candidate aux élections municipales de 2017, part la tête haute, convaincue d’avoir contribué à la cause des femmes en politique et déterminée à ce que jamais elles ne reculent.

La première femme à accéder à la mairie de Longueuil, en 2009, aura aussi défendu les intérêts de ses concitoyens pendant onze ans, à Ottawa, sous la bannière du Bloc Québécois, de 1997 à 2008. À l’approche de ses 50 ans, elle s’impose un temps d’arrêt, loin de la politique active.

En route vers Québec ?

Devant la communauté d’affaires de Longueuil, elle a annoncé mercredi matin qu’il était temps pour elle de « passer le flambeau ». Parce que Longueuil « va bien ».

Certains la voient pourtant briguer les suffrages comme candidate du Parti québécois aux prochaines élections provinciales. « C’est non. C’est-tu clair ? s’esclaffe-t-elle au bout du fil. Si j’avais voulu être à Québec, j’y serais allée. Mais j’aime ma ville, mon monde. Je ne quitte pas Longueuil pour faire le saut en politique provinciale, pas du tout », a-t-elle assuré au Devoir.

La mairesse s’est dite satisfaite d’avoir pu remettre de l’ordre dans les finances publiques de la Ville et de l’agglomération, tout en offrant à la population des services à des coûts raisonnables. Elle s’est aussi targuée d’avoir remis la banlieue « sur la carte » de la région métropolitaine, Longueuil étant devenue un incontournable, une ville « humaine, efficace et affirmée ».

Le maire de Montréal, Denis Coderre, un ex-adversaire à Ottawa devenu au fil du temps un allié au palier municipal, a souligné la « fougue » de la politicienne, « une femme de tête et de coeur totalement dédiée [à] sa vile et ses concitoyens ».

Une femme fougueuse

Les choses se sont améliorées depuis deux décennies pour les femmes en politique, mais ce ne fut pas toujours facile, se souvient-elle.

« [La misogynie] c’est arrivé, c’est sûr. Comme députée, j’étais jeune, et j’étais une femme. Une fois à la mairie, j’avais beaucoup à apprendre aussi. Quand on est une femme, les regards sont toujours plus suspicieux. Prétendre le contraire, c’est mettre sa tête dans le sable. »

« Quand tu es femme, tu dois travailler plus fort, te préparer plus, mieux maîtriser tes dossiers. Il faut être bien entourée, aussi. »

Elle se dit particulièrement fière d’avoir permis à d’autres femmes de songer à la politique, en démontrant qu’il était possible d’accéder à de hautes fonctions. Celles-ci doivent continuer d’investir les lieux décisionnels et de se les approprier, insiste-t-elle.

« Il ne faut pas baisser la garde. Je crois à la parité. Longueuil l’a fait. Mais un coup de barre s’impose ailleurs. Je n’arrêterai jamais cette bataille-là. » Elle promet d’être de toutes les tribunes pour défendre la place des femmes en politique, encore davantage après le scrutin du 5 novembre 2017.

1 commentaire
  • Colette Richard-Hardy - Inscrit 23 février 2017 09 h 20

    Merci

    Mme St-Hilaire vous avez donné sans compter pour la ville de Longueuil.

    Votre vision pour votre ville, fut très enrichissante et bénéfique.

    La société a toujours besoin de personnes dignes de porter le ballon politique avec autant de talents et de grâce.

    Merci! Merci!