Ultime appel du SCFP aux villes

«On est convaincus que la loi 15, adoptée en 2014, est illégale», dit Marc Ranger (à gauche), directeur du SCFP au Québec.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «On est convaincus que la loi 15, adoptée en 2014, est illégale», dit Marc Ranger (à gauche), directeur du SCFP au Québec.

Le syndicat représentant 70 % des employés municipaux du Québec lance un ultime appel aux grandes villes, dont Montréal et Québec : il demande aux maires de renoncer à la non-indexation des rentes de leurs retraités à compter du 1er janvier, rendue possible par une loi contestée devant les tribunaux.

La section québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affirme que la non-indexation des revenus de retraite, décrétée par une série de municipalités, cause des « dommages irréparables » aux syndiqués. Le syndicat dit être convaincu que la contestation judiciaire de la loi 15, qui impose les conditions de retraite des employés municipaux, se rendra jusqu’en Cour suprême.

« Il s’agit d’une décision odieuse. Dans les faits, même le gouvernement n’a pas voulu l’imposer. Il a laissé le soin aux villes d’appliquer ou non la suspension de l’indexation. Ce geste fait en sorte que plus rien n’est acquis aux retraités », a dit Denis Bolduc, président du SCFP-Québec, mercredi.

Le syndicat rappelle que les maires des plus grandes villes — Montréal, Québec, Laval, Longueuil, Lévis — et d’une série d’autres municipalités ont annoncé qu’ils n’indexeraient pas les rentes versées à leurs employés retraités à compter du 1er janvier 2017, dans trois jours, comme le permet la loi. Quelque 24 des 76 régimes de retraite du secteur municipal et du transport terrestre représentés par le SCFP sont potentiellement visés, selon le syndicat.

Revenus en moins

Plus tôt cette année, les maires des cinq villes montrées du doigt par le SCFP ont indiqué qu’ils n’avaient pas l’intention de reculer sur la non-indexation des revenus de retraite pour le moment, malgré les remontrances des syndicats. Le SCFP estime que ses membres de la seule Ville de Montréal seront privés de 281 millions au fil des ans à cause de la non-indexation des revenus de retraite.

« Les procédures en cours prennent du temps. Plus les villes attendent, plus ça va coûter cher aux contribuables. On est convaincus que la loi 15, adoptée en 2014, est illégale », dit Marc Ranger, directeur du SCFP au Québec.

4 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 29 décembre 2016 09 h 45

    LOI INFÂME

    La Loi 15 est tout à fait odieuse.

    Elle provient de ceux qui ont comme vision sociale de faire leur nid politique au détriment de celles et ceux qui ont servi et servent la population.

    Elle se nourrit des déchirements qu'elle engendre.

    C'est une arme, une autre, de paupérisation.

    • Clermont Domingue - Abonné 29 décembre 2016 13 h 29

      Je crois qu'il est parfois nécessaire de rétablir un certain équilibre entre les pauvres et ceux qui croient l'être.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 30 décembre 2016 12 h 44

      Si vous voulez parler de pauvreté il vaut mieux regarder ailleurs que chez les retraités avec régime à prestations déterminées.

      En sachant que ces régimes donnent surtout des prise de retraite avant 65 ans on comprend que les 28% de la population de 62 et 63 ans qui sont sous le seuil de faible revenu, visible sur le graphique suivant, ne font pas parti des titulaires de régime de retraite privé.

      http://img110.xooimage.com/files/8/b/8/taux-de-fai

      Source, sur la réforme du gouvernement précédant,
      http://www.ledevoir.com/documents/pdf/cirano_refor

  • Jean-Yves Arès - Abonné 29 décembre 2016 17 h 21

    La Cour Suprême peut-elle être neutre sur un tel sujet ?


    Sachant que tous les juges de cette cour sont couverts eux-mêmes par des régimes de retraite à prestations déterminées, comment peut-on croire qu'ils sont aptes a juger impartialement de la validité d'une loi qui ouvre un chemin qui pourrait éventuellement, selon les circonstances, les affectés personnellement ?