Nouveau projet pour le domaine de l’Estérel

L’édifice art déco du domaine de l’Estérel, conçu dans les années 1930 par le Belge Antoine Courtens, est l’un des rares vestiges de l’architecture québécoise moderne.
Photo: Ministère de la Culture et des Communications L’édifice art déco du domaine de l’Estérel, conçu dans les années 1930 par le Belge Antoine Courtens, est l’un des rares vestiges de l’architecture québécoise moderne.

Menacé de disparition plus d’une fois, le domaine de l’Estérel, un joyau architectural des Laurentides, devrait finalement être préservé si l’entente survenue en début de semaine entre la municipalité de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et le promoteur immobilier propriétaire du complexe est mise en oeuvre.

Un projet de copropriétés hôtelières de 130 logements doit en effet voir le jour dans ce qui fut le premier centre commercial au Canada. L’édifice art déco du domaine de l’Estérel, conçu dans les années 1930 par le Belge Antoine Courtens, est l’un des rares vestiges de l’architecture québécoise moderne. Le bâtiment en béton fait partie d’un vaste complexe, qui inclut des chalets en bois rond, mais il constitue la dernière trace de ceux en béton.

Querelles

Depuis plus d’un an, le bâtiment se trouvait au coeur d’une poursuite de 1,2 million de dollars intentée par le propriétaire actuel du terrain, HBO Construction, contre la municipalité.

À l’origine doté de restos et d’un cinéma, l’édifice a eu plusieurs fonctions, devenant un centre culturel et communautaire et abritant l’hôtel de ville. C’est le déménagement de celui-ci, en 2013, qui l’a laissé à l’abandon.

Il y a deux mois, HBO a mandaté la compagnie Binswanger Myre Pageau (BMP) pour qu’elle entreprenne des négociations avec la Ville afin d’autoriser un nouveau projet, qui permettra, lui, de protéger et de mettre en valeur le bâtiment classé patrimonial. BMP a six mois pour obtenir le feu vert de Québec.

HBO s’est engagé à retirer sa poursuite contre la Ville lorsque la transaction sera conclue. BMP aura ensuite de 36 mois pour réaliser un projet d’une valeur de 10 millions. Enfin, la plage municipale adjacente, vendue à HBO, sera rétrocédée à la localité.

Le maire, Gilles Boucher, s’est dit ravi de ce revirement. « Nous avons réussi à négocier un projet permettant que la plage soit cédée à la Ville par bail emphytéotique et que HBO retire sa poursuite. Ces deux objectifs principaux que je poursuivais dans le cadre de ces négociations rejoignaient les valeurs de l’acceptabilité sociale. »