Montréal: Bourque dénonce des augmentations de salaire

Pierre Bourque, chef de l'opposition de la ville de Montréal, a dénoncé hier, en marge de la séance du Conseil municipal, l'augmentation de salaire que l'arrondissement de Saint-Léonard projette d'accorder à ses conseillers, comme l'autorise la loi 33 sur la décentralisation des pouvoirs municipaux.

Leurs émoluments passeraient de 26 000 $ à 45 000 $ par année, ce qui les rendraient identiques à ceux des conseillers de la ville centre. «Si on faisait ça dans tous les arrondissement ça coûterait très cher», a fait valoir M. Bourque, qualifiant l'augmentation de «totalement inacceptable» et de «gaspillage de fonds publics».

Selon le chef de l'opposition, l'administration Tremblay a ajouté 300 millions à son budget depuis trois ans, notamment en haussant les taxes: «Tout ce que cette administration cherche, c'est de mettre ce nouvel argent dans les poches des conseillers. C'est comme si on voulait donner des arguments supplémentaires aux défusionnistes».

Pendant la période de questions, Frank Zampino, président du conseil exécutif, a rétorqué que cet augmentation de salaire se faisait dans un esprit «d'équité» et qu'elle correspondait à l'idée de la décentralisation. Selon lui, les conseillers d'arrondissement consacrent autant de temps que les autres à leur travail et ne doivent pas être traités comme des conseillers de «seconde zone».

Par ailleurs, le maire Gérald Tremblay et le chef de l'opposition se sont affrontés lors de la séance du conseil sur la manière de s'opposer aux défusions. On sait que le maire, en fin de semaine dernière, lors du congrès de l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM), a déclaré que son parti était «en mode référendaire». Martine Painchaud, de l'UCIM, confirmait d'ailleurs hier au Devoir que le parti mettra sur pied des comités contre les défusions dans chacun des arrondissements et les anciennes villes où il pourrait y avoir des référendums.

Du côté de Vision Montréal, depuis la loi 33 sur la décentralisation municipale, on n'est pas très chaud à se battre pour la ville unifiée de Montréal auprès de l'administration Tremblay. Pierre Bourque reprochait hier au maire d'avoir été élu «grâce aux votes de celles et de ceux qui vont demain défusionner cette ville».

Interrogé à savoir s'il allait participer à l'effort contre les défusions, le chef de Vision Montréal a répondu qu'il avait «tendu la main au maire avant Noël», avant la loi 33, mais que le maire avait refusé et était allé de l'avant avec son plan de décentralisation, qu'il a qualifié hier de «balkanisation». M. Bourque a toutefois ouvert la porte à «des actions stratégiques dans Anjou ou dans Saint-Laurent». Cela dit, «on n'en est pas encore là», a-t-il ajouté.