Le 3e lien est réclamé par les régions voisines

Le pont Pierre-Laporte enjambe le fleuve Saint-Laurent, reliant la ville de Québec à celle de Lévis.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le pont Pierre-Laporte enjambe le fleuve Saint-Laurent, reliant la ville de Québec à celle de Lévis.

Le projet d’un 3e lien routier entre Québec et Lévis fait rêver les élus à 100 kilomètres à la ronde et même au-delà. De la Beauce à L’Islet, les maires de toute la région de Chaudière-Appalaches font front commun pour en réclamer un.

« Notre région voit son expansion freinée par la congestion routière », a déclaré Hervé Blais, préfet de la MRC de Bellechasse lors d’un point de presse jeudi à Lévis.

« Les entreprises hésitent à s’installer chez nous parce qu’ils craignent des retards des employés, mais aussi des biens dont ils ont besoin pour produire chez eux pour exporter », a-t-il dit au nom de la Table régionale des élus municipaux de la région.

« Des gens hésitent à s’installer chez nous, car ils craignent les heures passées dans les bouchons et le stress lié à l’incertitude d’arriver à temps au travail ou pour aller chercher leurs enfants à l’école et à la garderie. »

M. Blais a même affirmé que le troisième lien intéressait les élus jusqu’au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. « Il n’est pas logique que des biens qui viennent de la Côte-Nord et s’en vont au Bas-Saint-Laurent doivent passer des heures dans la congestion routière », a-t-il plaidé.

Cette sortie est survenue à quelques heures d’une rencontre dans le dossier entre le ministre des Transports, Laurent Lessard, le maire de Québec, Régis Labeaume, et le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

Étude et solution

Comme plusieurs maires de Chaudière-Appalaches l’ont souligné jeudi, la ministre responsable de la région, Dominique Vien, est une alliée convaincue du projet depuis la sortie en septembre de l’étude du professeur Bruno Massicotte sur le sujet.

Commandée par le ministère des Transports, l’étude concluait qu’un tel tunnel était « faisable », mais qu’il en coûterait environ 4 milliards à l’État québécois. Depuis, des sondages ont montré que, malgré ces coûts, l’appui de la population au projet était très fort à Québec, et encore plus à Lévis.

Cette semaine, le ministre responsable de la région de la capitale, François Blais, a évoqué une autre solution aux problèmes de circulation en suggérant le prolongement de l’autoroute Félix-Leclerc vers l’ouest. Il n’a pas voulu dire si cela pourrait être relié à un éventuel troisième lien non pas à l’est, mais à l’ouest des ponts.

Or jeudi, les élus de Chaudière-Appalaches ont fait savoir qu’ils tenaient à ce que le nouveau lien fluvial supplémentaire soit situé à l’est.

2 commentaires
  • Pierre Fortin - Abonné 7 octobre 2016 07 h 31

    Un boulevard périphérique en prime


    Le coût pour un tel projet est certes élevé, mais il aurait été plus abordable si on l'avait considéré avant et il ne fera qu'augmenter si on procrastine comme on le fait depuis au moins vingt ans.

    C'est qu'il faut voir que les autres liens entre les deux rives sont, en amont, le pont Laviolette à Trois-Rivières et le traversier de Saint-Siméon, en aval. Tout le territoire entre ces deux points, tant sur la rive nord que la rive sud, n'est desservi que par les deux ponts de Québec déjà plus qu'insuffisants et congestionnés chaque jour pendants de longues heures.

    D'autre part, la création d'un troisième lien à l'est complèterait le réseau routier de la Capitale pour créer, avec les autoroutes 20 et 40, un boulevard périphérique comme en possèdent les grandes villes. Les transports entre les deux rives seraient ainsi allégés et grandement facilités.

    Le maire Labeaume, qui se convertit lentement à l'idée de ce troisième lien, devrait penser en termes de développement régional plutôt que de considérer la circulation routière de la seule ville de Québec.

  • hugo Tremblay - Inscrit 7 octobre 2016 08 h 03

    Invitation

    Ils ne se doutent même pas de ce qu'est la congestion routière. Pour comprendre, un stage dans la région de Montréal d'une semaine aiderait beaucoup. Même pas besoin d'être sur la métropolitaine.
    À Laval, hors heure de pointe, la congestion est 10 fois pire que dans la région de Québec sur les autoroutes 440, 13 et 15, et rien n'est planifié pour y remédier.
    Et "malgré les coûts, l’appui de la population au projet était très fort". Ça se comprend, ils vont le faire payer par les autres régions, y compris par celle de Montréal dont les automobilistes savent, eux, ce qu'est une vrai congestion!