La FQM demande aux gouvernements un plan d’action pour l’internet en région

Le président de la FMQ, Richard Lehoux
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le président de la FMQ, Richard Lehoux
La Fédération québécoise des municipalités (FQM) demande aux gouvernements fédéral et provincial de mettre en place rapidement un plan d’action pour un meilleur accès à la téléphonie cellulaire ainsi qu’à internet haute vitesse dans les régions.

La couverture cellulaire et la connectivité étaient au coeur des discussions lors du congrès de la FQM qui s’est terminé à Québec, samedi.

En entrevue à La Presse canadienne, le président de la FMQ, Richard Lehoux, a rappelé que la vitalité économique des municipalités éloignées est en jeu.

Pressant les gouvernements d’agir, il soutient que plusieurs entreprises refusent de s’installer dans certaines régions parce que l’internet n’est pas assez vite.

Selon lui, l’enjeu n’est pas seulement d’ordre économique, il est aussi sécuritaire.

«Entre La Tuque et le Lac-Saint-Jean par exemple, il y a au moins 100 km de route où aucun réseau cellulaire ne peut entrer, donc, il y a toute la question sécuritaire qui est importante», a-t-il dit.

En mai, le gouvernement du Québec a promis 100 millions pour la construction d’infrastructures visant à étendre l’accès internet à haute vitesse dans les régions qui en sont toujours privées.

Quant au gouvernement fédéral, il avait annoncé un investissement de 500 millions sur cinq ans, dès cette année, pour élargir l’accès aux services internet.

Mais Richard Lehoux déplore que l’argent se fasse toujours attendre. Il demande donc aux deux ordres de gouvernement de discuter avec les municipalités pour définir comment ces sommes doivent être dépensées.

«On a des élus de toutes les régions du Québec qui ont dressé le portait de la situation comme il le faut dans l’ensemble du territoire. Maintenant, avec les deux ordres de gouvernement supérieurs, il faut se concerter et arriver avec un plan d’action le plus vite possible.»
 
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 2 octobre 2016 10 h 23

    Et s'il y avait plus urgent ?

    Vouloir que chaque kilomètre carré de la forêt laurentienne soient branché et que tous les touladis et wapitis aient accès à internet, est-ce la priorité quand en pleine ville, on assiste à la croissance de la fracture numérique, en particulier dans le milieu de l'éducation ?

    Des centaines et peut-être des miliiers de foyers montréalais sont privés d'internet, les fournisseurs étant d'une voracité devenue légendaire. Des enfants arrivent à la maison avec des devoirs qui nécessitent un accès rapide à internet, mais c'est un luxe que les parents ne peuvent pas leur offrir.

    Petite comparaison entre pays occidentaux situés à la même latitude. En France, pour un peu moins de 40 € par mois chez le plus gros fournisseur, vous avez internet à 100 Mbit/s, la télé avec 160 chaînes (dont 40 HD), la téléphonie numérique quasi illimitée, 10 Go de stockage en ligne et, bien sûr, aucune limite de téléchargement – nous sommes en 2016 non ! À Montréal, chez le plus gros fournisseur, vous payez plus de 80 $ par mois et à ce prix, vous avez 7 Mbit/s, pas de télé, pas de téléphonie numérique, pas de stockage en ligne et un maigre 60 Go par mois de téléchargement (vite dépassés et les dépassements coûtent très cher).

    Si tous les caribous et les ouaouaniches doivent être branchées, n'en va-t-il pas de même pour les foyers québécois, même en plein cœur de la métropole, là où les revenus ont vite fondu quand il faut payer un loyer très élevé, quand il faut nourrir et vêtir 3 ou 4 gamins, quand il faut payer en priorité le téléphone, le forfait le moins cher étant déjà très épicé ?

    La démocratisation d'internet ne passe pas par le fond des bois mais par le cœur des villes, à moins que l'on tienne à perpétuer la fracture numérique, l'inégalité flagrante entre les nantis et les gagne-petits. Les écoles ont inclus internet parmi les outils d'apprentissage, et c'est bien, sauf qu'on a oublié tous ces enfants qui n'y ont pas accès.