Les grandes villes veulent s'assurer qu'Ottawa tiendra promesse

Les maires des 22 plus grandes villes canadiennes, dont Gérald Tremblay, se réunissent aujourd'hui à Gatineau pour s'assurer que la «nouvelle entente» promise par le gouvernement fédéral dans le dernier discours du Trône soit réellement mise en oeuvre.

À l'exception du maire de Windsor, tous les maires des grandes villes de plus de 200 000 habitants du Canada seront présents à cette rencontre. L'intérêt des maires s'explique par l'importance des décisions à venir de la part du gouvernement fédéral concernant les villes, qu'on résume par l'expression «nouvelle entente» ou «New Deal».

«Le budget fédéral s'en vient. Il y avait de très bonnes idées dans le discours du Trône et il faut faire des représentations pour qu'elles se concrétisent», fait valoir Yves Ducharme, président de la fédération canadienne des villes et maire de Gatineau. Les maires doivent d'ailleurs rencontrer aujourd'hui le ministre des Finances Ralph Goodale ainsi qu'Andy Scott, ministre d'État responsable des infrastructures. John Godfrey, le secrétaire parlementaire du premier ministre particulièrement chargé des villes, sera aussi au Hilton de Gatineau.

Yves Ducharme avait déjà qualifié le discours du Trône de «Grand Chelem» puisque toutes les demandes faites par les maires avaient été reprises par le nouveau gouvernement Martin: rembourser la TPS payée par les villes, devancer le programme de trois milliards consacré aux infrastructures. (Ce programme est prévu pour être échelonné sur une période de dix ans, les maires demandent à ce que le tout soit ramené sur une période de deux ans.) Il y avait ensuite la promesse de fournir aux villes une «source fiable et prévisible de revenus». Dans le discours, on évoquait l'idée de remettre aux municipalités une partie de la taxe d'accise sur l'essence, mesure «qui est sans doute la plus facile à mettre en place», aux yeux d'Yves Ducharme. Les maires vont aussi discuter de façons de faire pression sur leurs gouvernements provinciaux respectifs pour que ces derniers respectent certaines de leurs promesses. Au Québec, les libéraux de Jean Charest ont par exemple promis pendant la campagne électorale de remettre aux villes une partie des revenus de la TVQ.

Chose certaine, un nombre de plus en plus grand d'observateurs estiment que les villes canadiennes ne peuvent plus se financer presque exclusivement par le biais de la taxe foncière. Yves Ducharme fait remarquer que les municipalités du Québec tirent en moyenne 82 % de leurs revenus du foncier. Au Canada, en moyenne, le foncier ne représente que 52 % des revenus et aux États-Unis, 27 % seulement.