Ottawa démantèlera enfin le «Kathryn Spirit»

Le «Kathryn Spirit» menace de se renverser à cause du faible niveau d’eau dans le lac Saint-Louis.
Photo: David Afriat Le Devoir Le «Kathryn Spirit» menace de se renverser à cause du faible niveau d’eau dans le lac Saint-Louis.

Maintenant qu’il entrevoit enfin l’épilogue de la saga du cargo Kathryn Spirit, le maire de Beauharnois, Claude Haineault, exhorte Québec à fournir au plus vite le décret qui pourra permettre le démantèlement du bateau, qui menace de sombrer dans le lac Saint-Louis.

Le maire a appris dimanche soir, au cours d’un appel avec le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, que le cargo allait finalement être démantelé aux frais d’Ottawa. Après cinq années « à tourner en rond », le maire Haineault s’en est trouvé presque soulagé ; malgré la décision du fédéral, Québec doit encore fournir le décret par mesure d’urgence qui permettra le démantèlement du navire.

« J’attends que le ministre [de l’Environnement du Québec David] Heurtel me confirme ça. Je l’ai appelé hier [lundi], mais je n’ai pas eu de retour. Je cours après lui depuis ce temps-là », a pesté le maire de Beauharnois.

Selon lui, l’option retenue par Ottawa prévoit la construction d’un remblai de pierre d’une largeur de plus de sept mètres permettant d’assécher le bateau. « On va ensuite démolir le bateau, enlever le remblai de pierre et remettre l’eau », a résumé Claude Haineault. Ottawa ne confirme cependant pas ce scénario. « Le groupe de travail doit se réunir le lundi 4 juillet pour terminer son rapport et faire ses recommandations sur les options possibles en ce qui concerne le Kathryn Spirit », a écrit Michel Plamondon, conseiller en communications à Pêches et Océans Canada, dans un courriel envoyé au Devoir. « Tant que le rapport du groupe de travail ne sera pas terminé, il est prématuré de confirmer toute forme que prendront les opérations. »

Une saga de cinq ans

Le cargo est ancré depuis 2011 dans une zone municipale récréative, où il est interdit de mener des activités de démantèlement. C’est pourquoi Québec doit autoriser les travaux, dont les coûts sont estimés à 15 millions de dollars. « Le fédéral est prêt à commencer dès que le certificat du provincial sera donné », a assuré Claude Haineault, exaspéré par les dédales bureaucratiques qu’a empruntés le dossier. « Je trouve ça d’un ridicule, ça n’a pas d’allure. C’est les 12 travaux d’Astérix. »

À Québec, le ministère de l’Environnement s’est défendu de faire piétiner le dossier. « Il faut savoir que le gouvernement fédéral doit respecter certaines règles d’attribution de contrats et étudie présentement les options qui s’offrent à lui », a fait savoir l’attachée de presse du ministre Heurtel, Mylène Gaudreau, en assurant que le provincial souhaite aussi que le démantèlement se fasse « le plus rapidement possible ».

Le Kathryn Spirit a été amarré à Beauharnois, il y a cinq ans, par l’entreprise Groupe St-Pierre, à qui la ville a refusé un projet de démantèlement. L’entreprise a donc vendu le navire à la compagnie mexicaine Reciclajes ecologicos maritimos. Cette dernière a ensuite engagé l’entreprise JRB inc. afin qu’elle pompe les eaux contaminées du bateau, qui menaçait à l’époque de chavirer, parce qu’il était alourdi par l’accumulation d’eau infiltrée dans la coque. Or l’entreprise mexicaine a renoncé à ses droits de propriété sur le Kathryn Spirit et cessé de payer JRB inc., qui a conséquemment cessé les travaux en janvier 2016.

La fin de semaine dernière, des câbles ont été installés pour sécuriser le bateau. L’un des câbles s’est rompu, et le cargo menace une fois de plus de chavirer.
 

Visualisez où se trouve le Kathryn Spirit
2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 29 juin 2016 11 h 32

    Les douze travaux d'Hercule monsieur le maire... http://www.les-12-travaux-hercule.fr/

    Quant aux douze travaux d'Astérix, c'est plutôt à l'impotent ministre monsieur Heurtel, qu'il faudrait les attribuer.

    Laisser le Fédéral une fois de plus intervenir dans notre fleuve, cela réduit le ministre de l'environnement du Québec au niveau de ce personnage de bande dessinée, Astérix en effet...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 30 juin 2016 06 h 00

      La voie fluviale est de juridiction fédérale. Il est temps que l'argent suive la paperasse. Mais... en bon Québécois... on critique encore (je ne suis pas fédéaliste) (mais je paye pour).

      Bonne journée.

      PL