Des caisses itinérantes en Haute-Côte-Nord

En contrepartie, la caisse a pris des arrangements avec des commerçants du secteur pour qu’ils puissent fournir plus d’argent liquide lors des achats, explique-t-elle.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir En contrepartie, la caisse a pris des arrangements avec des commerçants du secteur pour qu’ils puissent fournir plus d’argent liquide lors des achats, explique-t-elle.

Desjardins a accepté d’offrir des services bancaires dans des locaux municipaux pour répondre aux besoins de trois petites communautés de la Côte-Nord qui n’acceptaient pas qu’on ait fermé leurs comptoirs de service.

Depuis lundi, à Portneuf-sur-Mer, une employée de la caisse rencontre les clients qui le souhaitent dans un local de l’hôtel de ville. Elle fera la même chose pendant deux jours à Longue-Rive et durant une journée à Colombier.

« C’est une première au Québec, se réjouit le maire de Portneuf-sur-Mer, Gontran Tremblay. Je suis content. On a obtenu le plus qu’on pouvait avoir. » Entre 10 h et 15 h, la préposée pourra effectuer des paiements de factures, des transferts, des dépôts de chèques et imprimer des relevés, mais elle ne pourra pas fournir de retraits. Des formations seront aussi offertes sur l’utilisation de la plateforme Web de paiement Accès D.

Selon le maire Tremblay, la population a été déçue d’apprendre que les retraits ne faisaient pas partie des services offerts. Or selon la présidente du conseil d’administration de la Caisse, Lyne Deschênes, « l’argent n’est pas facile à transporter sans tout le système de sécurité qui vient avec ».

En contrepartie, la caisse a pris des arrangements avec des commerçants du secteur pour qu’ils puissent fournir plus d’argent liquide lors des achats, explique-t-elle.

Quant à la durée du projet, elle se prolongera « tant que les gens en auront besoin », explique Mme Deschênes. Cela occasionnera des coûts supplémentaires, mais rien de comparable au maintien des trois anciens points de services. L’entente conclue avec les maires prévoit en outre de réévaluer le projet tous les six mois pour faire des changements au besoin.

Craintes pour la survie des villages

L’annonce de la fermeture des caisses en avril avait déclenché une onde de choc dans ces petites communautés de la Côte-Nord. Les maires craignaient un effet d’entraînement, la fermeture d’autres commerces et, à terme, celle des villages eux-mêmes.

L’entreprise avait pris la décision de regrouper ses services à Forestville qui se trouve à plus de 30 km de Longue-Rive et de Colombier. On faisait valoir que les points de service étaient de moins en moins utilisés, au profit des transactions en ligne.

La Côte-Nord n’est pas la seule région à avoir subi des réductions de services ces dernières semaines, plusieurs points de service ont fermé leurs portes notamment en Mauricie (Saint-Prosper-de-Champlain, Saint-Luc-de-Vincennes).