Montréal accuse du retard sur ses concurrentes, selon l'OCDE

Même si elle possède des atouts, la région de Montréal accuse un retard important sur d'autres grandes villes du monde en ce qui a trait à la productivité, révèle un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Selon le document rendu public hier, la métropole québécoise se classe au 44e rang pour le PIB par habitant, parmi 65 villes de plus de deux millions d'habitant en Europe, en Amérique et en Asie. Toronto et Vancouver se classent respectivement 30e et 38e sur la liste de l'OCDE.

«L'économie de Montréal semble emprunter une trajectoire ascendante de croissance. Toutefois, des progrès restent encore nécessaires pour faire reculer le chômage et la pauvreté qui atteignent tous deux des taux supérieurs à la moyenne canadienne», soulignent Mario Pezzini et Lamia Kamal-Chaoui dans un résumé de leurs travaux.

À leur avis, le retard qu'accuse la municipalité est principalement attribuable à la faible productivité de sa main-d'oeuvre — moins scolarisée qu'ailleurs — ainsi qu'à la faiblesse des investissements en recherche et développement.

«La ville est spécialisée dans les bons secteurs — l'aéronautique, les biotechnologies, les technologies de l'information, par exemple — mais son stock en capital et particulièrement en capital humain est faible», a souligné hier M. Pezzini, lors d'une rencontre de presse.

À son avis, cela est la conséquence de la faiblesse des liens directs entre les établissements d'enseignement supérieur et le milieu des affaires. Pour faciliter l'innovation, le chercheur italien prône notamment de mieux arrimer les programmes de formation aux besoins du marché du travail et particulièrement des PME.

Le chercheur croit aussi au rôle mobilisateur que peuvent jouer les grappes industrielles dans le développement économique. Ces organisations ont pour objectif de rapprocher les acteurs d'une même industrie.

«Le problème pour beaucoup de petites entreprises, ce n'est pas d'être petites. C'est d'être isolées», a-t-il fait valoir.

Le manque de coopération entre les différents organismes voués au développement économique et social est aussi citée par M. Pezzini et Mme Kamal-Chaoui comme un facteur nuisible à Montréal.

À cet égard, les fusions municipales peuvent être considérées comme «une première réponse aux problèmes d'étalement urbain, de disparités fiscales, du manque de services publics adéquats ou de coordination régionale», affirment-ils.

Les deux spécialistes refusent cependant de se prononcer sur les conséquences d'éventuels démantèlements des structures mises sur pied depuis janvier 2002.

«Les problèmes de coordination dans les métropoles se posent partout et on peut y apporter plusieurs réponses», a affirmé Mme Kamal-Chaoui lors d'un point de presse.

Il importe toutefois de mettre fin à très court terme aux incertitudes qui risquent d'ébranler la confiance des entreprises, peut-on lire dans un document produit par la chercheuse.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui a coordonné l'étude, est satisfaite des conclusions qui confirment certaines de ses intuitions.

«Il faut faire preuve d'énormément plus de cohérence, de cohésion et de créativité pour rattraper les autres grandes villes», a-t-il déclaré.

C'est aussi l'avis du maire de Montréal, Gérald Tremblay.

«Ce que le rapport dit c'est qu'il faut être unis pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés. C'est ce que j'ai toujours pensé. En étant unis, on est plus créatifs, imaginatifs et beaucoup plus fort», a-t-il dit.