Une île, une ville... à compléter

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, tient à poursuivre ce qu'il a commencé. C'est la raison qui l'a incité à annoncer, hier, sa décision de se porter à nouveau candidat aux prochaines élections de novembre 2005.

«J'ai rencontré tous les fonctionnaires et les employés de la ville. Quand il y a un changement dans l'administration, ça vient troubler, ça vient tout changer. On a défini la voie et les fonctionnaires sont prêts à s'occuper du comment, aussi j'ai l'intention de solliciter un autre mandat», a lancé le maire Tremblay, après un discours enthousiaste prononcé dans le cadre de la conférence annuelle de l'Institut d'études canadiennes de McGill placée cette année sous le thème «Le défi des villes au Canada».

«Je veux travailler avec mon équipe et les 29 000 employés pour accélérer la croissance et améliorer la qualité de vie des citoyens», a-t-il ajouté.

Le maire a tergiversé à faire cette annonce. Au journaliste qui lui demandait s'il avait l'intention de demeurer en poste pour réaliser ce dont il venait de parler, dont des projets s'étalant sur 20 ans, il a d'abord déclaré: «Je ne veux pas vous le dire aujourd'hui. Je voulais le dire vendredi soir».

Réalisant qu'il s'était déjà commis, il a laissé tomber le morceau.

Infrastructures

Dans le cadre de la conférence portant sur les villes canadiennes, M. Tremblay s'est montré particulièrement combatif. Il a averti les représentants fédéraux et provinciaux qu'il avait l'intention de faire tout ce qui était nécessaire pour les convaincre de commencer à investir massivement dans les infrastructures montréalaises.

Il prévoit que des investissements de 2 milliards par année pendant 20 ans contribueront à faire augmenter la grosseur de la tarte fiscale.

«Si on investit dans nos infrastructures à court terme, le fédéral, le provincial et le municipal, comme on le fait depuis des décennies, on peut faire passer notre produit intérieur brut de 3% à 5 %.»

«C'est très facile. Si on fait des centres hospitaliers universitaires, on peut accélérer le développement en partenariat. Et comme nous avons des ressources financières limitées, on doit le faire avec nos deux partenaires. Ce n'est pas compliqué», a-t-il soutenu.

M. Tremblay croit qu'il est sur le point d'être entendu.

«C'est ce que j'ai proposé depuis deux ans et les gouvernements commencent à réaliser de plus en plus qu'on doit investir massivement dans les infrastructures. Ça prend au moins 2 milliards par année pendant 20 ans. Un milliard d'investissements permet d'augmenter le PIB de 1 %», a-t-il dit.

Avec de nouvelles ressources financières, le maire est convaincu que la dynamique changera et qu'il aura les moyens de décider à quels endroits il y a lieu de les utiliser.

À défaut d'insuffler ce vent nouveau, le maire Tremblay craint de jouer sans fin dans le même scénario et d'avoir à refiler les problèmes de la ville de Montréal à la prochaine génération.

Ces problèmes sont la dette, le déficit actuariel et des infrastructures non entretenues depuis dix ans.