Lac-Simon retrouvera son corps policier

Ces mesures surviennent après qu’un policier eut été tué dans la communauté, lors d’une opération qui avait mal tourné cet hiver.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ces mesures surviennent après qu’un policier eut été tué dans la communauté, lors d’une opération qui avait mal tourné cet hiver.

Lac-Simon — La police autochtone reprendra du service dans la communauté de Lac-Simon, en Abitibi, a annoncé le gouvernement du Québec, dimanche.

Les ministres de la Sécurité publique, Martin Coiteux, des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et le responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, Luc Blanchette, se sont rendus à Lac-Simon dimanche, où ils ont rencontré des représentants de la nation Anishnabe.

À l’issue de la rencontre, trois mesures pour tenter d’améliorer la sécurité dans la communauté ont été annoncées, dont le retour graduel de la police autochtone.

Dès le mois prochain, un policier à la retraite de la Sûreté du Québec (SQ), Réjean Hardy, aura le mandat d’expert-conseil auprès de la police autochtone de Lac-Simon pour une durée d’un an. La police locale sera donc assistée dans ses activités policières et ses tâches opérationnelles ou administratives, avant de reprendre entièrement la responsabilité du territoire.

Prévention

Un programme de prévention de la criminalité auprès des jeunes sera aussi implanté. Selon le gouvernement, le projet vise à lutter en amont contre une problématique touchant les jeunes d’une région et représente un investissement de 625 000 $ sur cinq ans.

Également, 30 000 $ seront versés pour installer des caméras dans les écoles primaire Amikobi et secondaire Amick Wiche, afin d’en contrôler les accès.

En conférence de presse, la vice-chef de la nation Anishnabe s’est montrée satisfaite et a dit vouloir le retour de la police autochtone dans la communauté. « Après les durs événements des derniers mois que nous avons vécus, nous devons revoir notre sécurité publique pour assurer la continuité de notre corps de police et assurer leur sécurité », a déclaré Pamela Papatie.

Deux drames

Ces mesures surviennent après qu’un policier eut été tué dans la communauté, lors d’une opération qui avait mal tourné cet hiver.

L’agent Thierry LeRoux a été tué le 13 février à la suite d’une intervention dans une résidence de Lac-Simon. Accompagné par un autre collègue, il avait été appelé à se rendre sur place en raison d’une querelle quand Anthony Raymond Papatie l’a abattu, avant de s’enlever la vie. Le jeune policier travaillait pour la police de Lac-Simon depuis seulement six mois.

Un jeune homme de la communauté a aussi perdu la vie à la suite d’une intervention policière en avril.

Des agents de la police de Lac-Simon avaient été appelés pour un individu arpentant les rues en brandissant une arme blanche. L’intervention avait été compliquée par le fait que les policiers locaux avaient aussi été pris à partie par des citoyens du territoire algonquin. Des renforts avaient alors été demandés à la SQ.

Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les policiers de Lac-Simon, avait attribué la mort de Sandy Tarzan Michel, âgé de 25 ans, à un sous-financement chronique du corps policier.

Lac-Simon est situé à 35 kilomètres de Val-d’Or.

1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 16 mai 2016 10 h 38

    Et le fédéral?

    Le fédéral ne doit-il pas contribuer? Le Québec s'est-il encore fait avoir?