Coiteux appuie la formule demandée par les villes

Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux

Le gouvernement du Québec appuie la nouvelle formule de financement des infrastructures réclamée par les municipalités du Québec, a déclaré vendredi le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.

M. Coiteux a également promis à des représentants municipaux, réunis en congrès, qu’ils seront consultés avant le choix des grands projets avec le gouvernement fédéral.

Cette nouvelle façon de procéder sera en place dès les prochains mois, a indiqué le ministre dans un discours aux assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). M. Coiteux a répété l’intention du gouvernement de rétablir le rapport de forces des municipalités dans leurs relations avec leurs employés.

Plus tôt cette semaine, la présidente sortante de l’UMQ, Suzanne Roy, avait affirmé que le meilleur moyen serait de doter les municipalités du pouvoir de décréter les conditions de travail.

Nouvelle répartition des coûts

Jeudi, le nouveau président du regroupement, Bernard Sévigny, a réclamé une nouvelle répartition des coûts des projets d’infrastructures pour qu’Ottawa en assume la majeure partie. Plutôt que trois participations couvrant chacune un tiers des dépenses, le fédéral assumerait 50 %, Québec 33 % et les municipalités 17 %, a indiqué M. Sévigny.

Vendredi, dans un point de presse, M. Coiteux s’est montré ouvert à cette demande des municipalités, sans effet sur la participation québécoise. « Dans la mesure où le gouvernement fédéral est disposé à assumer un plus grand pourcentage, c’est l’occasion de faire en sorte que les municipalités aient plus d’oxygène de ce côté-là, a-t-il dit. On est tout à fait ouvert à regarder ça dans le meilleur intérêt de nos partenaires municipaux. »

M. Coiteux ne s’est pas prononcé sur la proportion souhaitée par les villes. « Je ne veux pas me prononcer sur un chiffre exact, ce qu’on veut c’est donner davantage d’oxygène aux municipalités et leur permettre de réaliser un plus grand nombre de projets, a-t-il dit. On va regarder ça dans l’esprit d’appuyer les villes. »

Relations de travail
Au sujet des relations de travail, M. Coiteux a continué de laisser planer un flou sur le moyen qui sera offert aux municipalités pour répondre aux demandes de leurs employés lors de négociations de leurs conventions collectives.

Le ministre a répété que le gouvernement veut donner aux villes le pouvoir de faire respecter la capacité financière des contribuables. « Lorsque le projet de loi sera déposé, la manière de faire tout cela va être rendue explicite à ce moment-là », a-t-il dit.

Présent à titre de délégué au congrès de l’UMQ, le directeur pour le Québec du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger, a mis en garde le gouvernement contre les risques de changer le rapport de forces dans le secteur municipal.

« Le projet de loi sera déposé dans les prochains jours, je dis au ministre Coiteux :“soyez raisonnable, ne venez pas foutre le bordel dans le monde municipal”, a-t-il dit. Nous ce qu’on veut, ce n’est pas la guerre. On veut travailler en paix. »

Par ailleurs, M. Coiteux a affirmé que son projet de fusion des ministères Affaires municipales et de la Sécurité publique, dont il est également titulaire, ne sera pas qu’administratif.

« L’objectif de cette fusion va justement venir confirmer la reconnaissance de votre autonomie par le gouvernement du Québec », a-t-il dit aux élus en congrès.