La maison des Petites Franciscaines en quête d’une nouvelle mission à Baie-Saint-Paul

Le complexe compte notamment plus de 200 chambres et une cafétéria de 300 places.
Photo: Martin Dubois Le complexe compte notamment plus de 200 chambres et une cafétéria de 300 places.

Le départ annoncé des Petites Franciscaines de Marie à Baie-Saint-Paul risque de laisser la municipalité avec un immense complexe patrimonial inutilisé en plein centre-ville. À quelques mois de l’exode, le maire Jean Fortin lui cherche une vocation publique.

« C’est un élément fondamental du patrimoine de Baie-Saint-Paul et on est en train de voir comment on peut faire une transition, a expliqué le maire au Devoir. On veut transformer la situation en opportunité. »

Le complexe dont les origines remontent aux années 1880 se trouve à quelques pas du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, de l’église et de l’aréna où se tient le symposium. Le terrain fait plus de 90 000 m2 (9 hectares) et la maison est immense.

Les dernières religieuses de la communauté prévoient de partir en décembre et n’ont pas trouvé d’acquéreur acceptable pour leur maison. « Nous voulons surtout que notre mission se poursuive à travers le bâtiment », a expliqué la supérieure générale, Françoise Duchesne, lors d’un bref entretien mercredi. La communauté, explique-t-elle, aimerait que la vocation de la maison demeure publique et soit ouverte « au plus grand nombre possible ».

Mais que faire avec un tel bâtiment ? « C’est sûr que ce genre de bâtiment est plus facile à recycler qu’une église, observe Martin Dubois, auteur d’une étude patrimoniale sur le complexe en 2011. Ce sont des bâtiments qui peuvent bien se convertir en logements par exemple, mais c’est surtout vrai en ville où les terrains sont rares. Le problème ici, c’est que c’est un grand complexe en plein milieu de Baie-Saint-Paul où les besoins [en logements et en locaux] ne sont pas aussi grands que dans les grands centres. À Baie-Saint-Paul, même si on voulait faire des logements là-dedans, on n’aura pas assez de demande. »

La maison mère ne fait pas moins de 161 143 pieds carrés (l’équivalent de deux fois et demi la taille du Centre Vidéotron à Québec. Elle compte près de 200 chambres, une cafétéria de 300 places, une buanderie commerciale, un espace muséal et une chapelle de 40 pieds de hauteur. Juste en frais de base (chauffage, assurances), il coûte des centaines de milliers de dollars par an à préserver. Comme l’explique M. Dubois, c’est pratiquement « un village dans le village », avec l’infirmerie et l’atelier de menuiserie qui s’ajoutent à la maison mère.

Le complexe n’est pas classé et ne jouit pas d’une protection patrimoniale du ministère de la Culture. Selon M. Dubois ce n’est pas par manque de valeur, mais probablement parce que personne n’a pensé en faire la demande jusqu’à présent. « Il n’y a personne qui a fait la demande, j’imagine. Ce n’est pas automatique, la reconnaissance de la valeur patrimoniale, il faut qu’une demande officielle soit faite. »

Pour cet expert, la valeur du complexe est indéniable. « C’est sûr que si on compare avec le monastère des Ursulines qui remonte au Régime français, ce n’est pas très vieux mais dans son milieu, c’est quand même très ancien », dit-il. Il ajoute que les soeurs ont pris soin du complexe, qui est dans un état « exceptionnel ».

Scénarios

Pour l’heure, différents scénarios sont sur la table. « On veut que ce soit un espace de développement, explique la responsable du dossier à la MRC, Sylvie Germain. On parle d’un incubateur d’entreprises, ça peut aussi être lié à l’enseignement. C’est un formidable endroit. » Il est aussi question de regrouper les entreprises dans le domaine des technologies, ou encore d’une auberge de jeunesse pour succéder au défunt Balcon vert. « On essaie de voir comment on peut créer de l’enrichissement collectif. »

Les premières soeurs franciscaines se sont établies à Baie-Saint-Paul vers fin des années 1880 avec l’aide du curé de Baie-Saint-Paul, Ambroise Fafard. Pendant les décennies qui ont précédé la Révolution tranquille, elles géraient l’équivalent des services sociaux de l’époque, notamment l’hospice. À la fin de la Deuxième Guerre, ce dernier comptait plus de 1000 patients. Les franciscaines s’étaient spécialisées dans l’aide aux malades mentaux. Elles ont aussi été très actives dans le domaine de l’éducation.

1 commentaire
  • Louis Gagnon - Inscrit 6 mai 2016 04 h 39

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