La maison Boileau sera sauvegardée

<p>Le maire Lavoie a indiqué avoir trouvé une solution <em>«</em><em> </em><em>créative</em><em> </em><em>»</em> pour sauver la maison.</p>
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Le maire Lavoie a indiqué avoir trouvé une solution « créative » pour sauver la maison.

La maison René-Boileau à Chambly ne sera pas démolie. Le maire de Chambly, Denis Lavoie, a annoncé jeudi que la Ville fera l’acquisition de l’ancienne demeure du patriote René Boileau pour la transformer en bureau d’information touristique.

Ce dénouement survient un mois jour pour jour après que le conseil municipal eut donné le feu vert à la démolition du bâtiment. Le maire Lavoie a indiqué avoir trouvé une solution « créative » pour sauver la maison.

Revenus de stationnement

Le stationnement municipal dans le secteur du Vieux-Chambly sera désormais tarifé et les revenus engendrés, évalués à 250 000 $ par année, permettront de financer l’achat de la maison Boileau, sa restauration et sa transformation en bureau d’information touristique. Les citoyens de Chambly recevront des vignettes pour être exemptés de cette tarification.

« Ce qui était important, pour moi, c’était de créer de nouveaux revenus et ne pas faire de ponction sur les finances de la Ville », a expliqué M. Lavoie au Devoir. « Il y avait des citoyens qui m’interpellaient et m’interdisaient de monter leurs taxes pour sauver la maison. Je ne pouvais pas ne pas tenir compte de ces citoyens. »

Réunis en assemblée extraordinaire jeudi soir, les membres du conseil municipal ont annulé la résolution du 5 avril dernier autorisant la démolition de l’immeuble et décrété une réserve afin que la Ville puisse faire l’acquisition de la propriété, soit de gré à gré, soit par expropriation.

La maison, dont la construction remonte au début du XIXe siècle, bénéficiera aussi d’une citation de la part de la Ville, a indiqué le maire.

M. Lavoie n’a pas voulu dévoiler le prix d’acquisition anticipé pour la propriété, disant ne pas vouloir « négocier sur la place publique ». La valeur inscrite au rôle foncier est de 448 700 $. Le maire est aussi demeuré vague au sujet des coûts de restauration de l’immeuble. « Il y a des experts qui parlent de 800 000 $ et d’autres qui parlent de 400 000 $. La vérité est peut-être entre les deux », a-t-il dit.

Demande de classement

L’annonce de la démolition de la maison Boileau avait provoqué une mobilisation chez les citoyens de Chambly et dans les rangs des défenseurs du patrimoine. Une demande de classement avait aussi été transmise au ministère de la Culture.

La ministre de la Culture, Hélène David, a toutefois fait savoir que le classement de la maison n’était pas possible, car celle-ci ne répondait pas aux critères d’intérêt national. « Le ministère a compris la valeur patrimoniale de la maison, mais il s’agissait d’un intérêt local et non national », a expliqué l’attaché de presse de la ministre, Karl Filion. « Or, pour classer un bâtiment, il faut qu’il y ait un intérêt national. »

Louise Chevrier, qui milite au sein du comité citoyen des Amis de la maison René-Boileau, s’est déclarée enchantée de ce dénouement : « Je suis ravie que la Ville ait pris cette décision. Le geste est très significatif. On a sauvé la maison, c’est ce qui compte. »

Selon elle, la mobilisation entourant la maison Boileau a démontré que les citoyens n’étaient pas indifférents au patrimoine.

2 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2016 22 h 25

    Très heureux !

    Très heureux de cette décision qui protègera le visage pittoresque de la Ville de Chambly, ville de ma tendre adolecence.

    Il aurait manqué quelque chose dans le paysage si elle avait été démolie..

    Et quelque chose de son histoire qu'on appelle les lieux sacrés.

    Christian Montmarquette

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 mai 2016 14 h 59

    Bravo ...

    à tous ceux et celles qui de près ou de loin ont "travaillé" à la conservation de cette magnifique demeure du début du xixe siècle... A commencer par la journaliste Jeanne Corriveau...qui, au Devoir, a attaché le grelot.

    Enfin une bonne nouvelle. Un gain pour notre Patrimoine bâti et pour Nous tous.